<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
         xmlns:err="http://jelix.org/ns/xmlerror/1.0">
 <channel>

		<link rel="hub" href="http://overblog.superfeedr.com" xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom" />
		<link rel="self" href="http://www.plumedanslecoeur.com/rss-articles.xml" xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom" />
	
    <title><![CDATA[Le site de Sam MEDIAN]]></title>
    <link>http://www.plumedanslecoeur.com/</link>
    <description>Rencontre avec l'auteur,
découverte des 
&quot;Enquêtes d'Emile DIAMEN&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
        <image>
        <url>http://fdata.over-blog.net/3/17/97/02/avatar-blog-1112656583-tmpphpFq1gSC.jpg</url>
        <title><![CDATA[Le site de Sam MEDIAN]]></title>
        <link>http://www.plumedanslecoeur.com/</link>
                            </image>
    
    <pubDate>Tue, 31 Jan 2012 07:30:05 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Tue, 31 Jan 2012 07:30:05 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.plumedanslecoeur.com</copyright>            <category>Littérature</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[PRE-PROMOTION : sortie du premier Sam Médian.]]></title>
        <link>http://www.plumedanslecoeur.com/article-pre-promotion-sortie-du-premier-sam-median-87033079.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;"></p>
  <p style="text-align: justify;"></p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span class="messageBody translationEligibleUserMessage">Bonjour,&nbsp;<br>
    <br>
    J'ai enfin&nbsp;le plaisir de vous annoncer la prochaine publication de mon nouveau livre <em><strong>Flagrants Délires</strong></em>.</span></span>
  </p>
  <p class="text_exposed_root text_exposed" style="text-align: justify;">
    Pour la suite je laisse parler ma maison d'Editions :
  </p>
  <p class="text_exposed_root text_exposed" style="text-align: justify;">
    "Un événement à saluer et un roman vraiment étonnant que vous aussi vous pouvez défendre. Car si nous avons décidé de l’éditer, seuls les le<span class="text_exposed_hide">...</span><span class=
    "text_exposed_show">cteurs le feront vivre et vous pouvez en être l’un des premiers.<br>
    Quelques mots concernant ce livre :<br>
    Val-de-Marne, août 1999 : « Douché et armé d’un café dans chaque paupière, je me sentais prêt à affronter mon premier cadavre « sans tache », selon l’Etat-Major de la Crim’. J’avais pourtant du
    mal à croire ce que tout technicien de scène de crime aurait pointé du doigt comme une hérésie. Il n’existe aucun crime sans trace, aucun corps qui ne recèle son lot de petits indices, disséminés
    çà et là, à courte ou moyenne distance du cadavre. Je me dirigeais donc sur place, sans avoir à passer par la case départ, où je n’avais d’ailleurs aucune envie de croiser mon Big Boss pour le
    moment. Celui-là même qui venait de me sortir du lit, avec la délicatesse d’un rouleau-compresseur. »<br>
    Bois de Vincennes, avril 2002 : « Je résume : un homme 30 ans, pantalon en bas des jambes et le sexe aussi, presque… Le reste est couvert de sang et entouré de feuilles mortes, ainsi que d’une
    kyrielle d’indices confondants. Bienvenue dans mon monde ! En bref, c’était toujours à moi qu’il appartenait de débrouiller ce genre d’affaires. Crime d’un psychotique, « oeuvre » d’un sérial
    killer, meurtre circonstanciel ? Pour l’instant, j’avais les idées aussi claires que l’eau de rinçage s’écoulant de mes bottes, qui, je vous le rappelle, étaient couvertes de boue. Comme la page
    blanche s’impose à l’écrivain, le flou total emplissait mon cerveau d’enquêteur… »<br>
    <br>
    Cliquez sur le lien pour visualiser le livre et réserver votre exemplaire si vous le souhaitez.</span>
  </p>
  <p class="text_exposed_root text_exposed" style="text-align: justify;">
    <a title="Flagrants Délires" href="http://www.edkiro.fr/flagrants-delires.html" target="_blank">Flagrants Délires</a>
  </p>
  <div class="mvm uiStreamAttachments clearfix">
    <div class="UIImageBlock clearfix">
      <a class="external UIImageBlock_Image UIImageBlock_MED_Image" rel="nofollow" href="http://www.edkiro.fr/flagrants-delires.html" target="_blank"><span style="color: #3b5998;"><img height="217"
      width="164" src="http://external.ak.fbcdn.net/safe_image.php?d=AQB6uPJNGaMHnY9H&amp;w=90&amp;h=90&amp;url=http%3A%2F%2Fwww.edkiro.fr%2Fimg%2F10004226-001%2Fimage%2FFLAGRANTS_DLIRES_une.jpg"
      class="img"></span></a>
      <div class="UIImageBlock_Content UIImageBlock_MED_Content fsm fwn fcg">
        <div class="uiAttachmentTitle">
          <strong><a rel="nofollow" href="http://www.edkiro.fr/flagrants-delires.html" target="_blank"><span style="color: #3b5998;">Flagrants délires, roman, Sam Médian</span></a></strong>
        </div><span class="caption"><a rel="nofollow nofollow" href="http://www.edkiro.fr/" target="_blank"><span style="color: #3b5998;">www.edkiro.fr</span></a></span>
      </div>
    </div>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Sat, 22 Oct 2011 19:01:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">dc64d8d0b6db9242237eea7fbf751f0a</guid>
                <category>Les enquêtes d'Emile Diamen</category>        <comments>http://www.plumedanslecoeur.com/article-pre-promotion-sortie-du-premier-sam-median-87033079-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Ca y est ! Je l'sens... j'suis à fond dedans !]]></title>
        <link>http://www.plumedanslecoeur.com/article-ca-y-est-je-l-sens-j-suis-a-fond-dedans-82354139.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial black,avant garde; font-size: 14pt;">Bonjour à tous !</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial black,avant garde; font-size: 14pt;">Quel beau titre, hein ?</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial black,avant garde; font-size: 14pt;">Juste un petit coucou pour vous annoncer :</span>
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <span style="font-family: arial black,avant garde; font-size: 14pt;">"DO NOT DISTURB"</span>
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <span style="font-family: arial black,avant garde; font-size: 14pt;">Attention, auteur en pleine écriture !</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial black,avant garde; font-size: 14pt;">C'est comme peinture fraîche, mais ça tache pas...</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial black,avant garde; font-size: 14pt;">en gros ça signifie que là je vais travailler comme un OUF !</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial black,avant garde; font-size: 14pt;">Phase de réécriture de mes deux prochains opus ("opi" pour les puristes) du recueil qui verra le jour en novembre 2011.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial black,avant garde; font-size: 14pt;">C'est bientôt, et c'est une belle idée de cadeau de Noël, non ?</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial black,avant garde; font-size: 14pt;">Enfin, surtout pour moi... si vous achetez mon prochain roman, peut-être&nbsp;pourrais-je enfin acheter des cadeaux à ma
    famille... plutôt que de leur&nbsp;écrire des poêmes,&nbsp;sniff !</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial black,avant garde; font-size: 14pt;">Comment ça, je ne suis pas crédible !</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial black,avant garde; font-size: 14pt;">Donc, pour en revenir à mon propos,</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial black,avant garde; font-size: 14pt;">je dois travailler comme un forcené, je rentre en hibernation, et je n'en sortirai que pour boire, euh... non, pour manger
    bien sûr. Et tout ça pour donner le meilleur de moi-même à mes lecteurs chéris, qui n'auront qu'une envie, en parler autour d'eux, et obliger toutes leurs familles et amis à faire de
    même...</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial black,avant garde; font-size: 14pt;">Tout ceci pour aller détrôner enfin Marc LEVY, qui n'arrête pas de me narguer avec ses 10 millions de livres vendus, gnagnagna
    ! Moi aussi je peux le faire ! Hein oui, on va le faire tous ensemble, rien que pour le faire ch... le Marc !</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #ff0000; font-family: arial black,avant garde; font-size: 14pt; background-color: #ffff00;">Rejoignez-moi donc&nbsp;dans cette lutte sans pitié contre le "MARCLEVY", et suivez
    le lien vers ma page Facebook :</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial black,avant garde; font-size: 14pt;"><a href="http://www.facebook.com/pages/Sam-M%C3%A9dian/232737426765393">link</a></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    ou
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial black,avant garde; font-size: 14pt;"><a href=
    "http://www.facebook.com/pages/Sam-M%C3%A9dian/232737426765393">http://www.facebook.com/pages/Sam-M%C3%A9dian/232737426765393</a></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial black,avant garde; font-size: 14pt;">cliquez juste au-dessus, là où c'est écrit "link" : choisissez LINK,&nbsp;ou l'autre&nbsp;!</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial black,avant garde; font-size: 14pt;">A très vite.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial black,avant garde; font-size: 14pt;">Sam Médian.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: arial black,avant garde; font-size: 14pt;">PS : Je ne pourrais peut-être pas alimenter les deux sites tous les jours, mais la page FB elle, devrait être remplie.</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Wed, 24 Aug 2011 16:28:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">de8b100f934ea21858363dc78137bea1</guid>
                <category>Dernières nouvelles</category>        <comments>http://www.plumedanslecoeur.com/article-ca-y-est-je-l-sens-j-suis-a-fond-dedans-82354139-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Sam Médian revient... et il est super content !]]></title>
        <link>http://www.plumedanslecoeur.com/article-sam-median-revient-et-il-est-super-content-80999772.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: 14pt;"><strong><span style="color: #ff0000;">Eh oui !</span></strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: 14pt;"><strong><span style="color: #ff0000;">ça fait environ vingt centimètres,</span></strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: 14pt;"><strong><span style="color: #ff0000;">ça pèse 200 grammes,</span></strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: 14pt;"><strong><span style="color: #ff0000;">c'est tout chaud, et ça me met dans un état d'excitation
    incroyable,</span></strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: 14pt;"><strong><span style="color: #ff0000;">Alors, c'est quoi d'après vous ?</span></strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <span style="font-size: 18pt; text-decoration: underline; background-color: #ffff00;"><span style="font-family: comic sans ms,sans-serif;"><strong><span style="color: #ff0000;">Le prochain roman
    de Sam Médian !</span></strong></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <span style="font-size: 18pt; text-decoration: underline; background-color: #ffff00;"><span style="font-family: comic sans ms,sans-serif;"><strong><span style="color: #ff0000;">Ben ouais, vous
    pensiez à quoi... ?</span></strong></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: 14pt;"><strong><span style="color: #ff0000;">Passons !</span></strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: 14pt;"><strong><span style="color: #ff0000;">Je le tiens de l'auteur lui-même, il s'apprête à signer un&nbsp;contrat avec une
    nouvelle maison d'édition, qui a trouvé qu'il avait un talent inouï, un humour inénarrable, une imagination merveilleuse et débordante, et une verve hors du commun (là non plus ce n'est pas un
    gros mot !).</span></strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: 14pt;"><strong><span style="color: #ff0000;">Du moins, c'est en substance ce qu'ils ne m'ont pas dit, mais qu'ils pensaient
    certainement. Si ! pourquoi pas ?</span></strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: 14pt;"><strong><span style="color: #ff0000;">Voilà, je vous donne donc la primeur de cette nouvelle incroyable
    :</span></strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: 14pt;"><strong><span style="color: #ff0000;">on s'autorise à penser, dans les milieux autorisés, que le prochain best seller de Sam
    Médian pourrait sortir peut-être, avec un peu de chance, probablement avant la fin de cette année. Si tout se passe bien.</span></strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: 14pt;"><strong><span style="color: #ff0000;">Si ça c'est pas une info à vous couper le souffle, je ne m'appelle plus.... d'ailleurs
    comment je m'appelle, moi ? Je vais finir pas m'y perdre...</span></strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: 14pt;"><strong><span style="color: #ff0000;">Alors, à très vite pour encore plus de détails hypothétiques sur la possibilité d'une
    éventuelle sortie future, ou pas...</span></strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: 14pt;"><strong><span style="color: #ff0000;">Bisous à tous mes fans !</span></strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <em><span style="font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: 14pt;"><span style="color: #ff0000;">Hé ho ? Ya quelqu'un ?</span></span></em>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <em><span style="font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: 14pt;"><span style="color: #ff0000;">Non, sérieux, vous êtes vaches de me laisser parler tout seul....</span></span></em>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sat, 06 Aug 2011 19:13:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">1765f0d4740047e007c59f669d6cdb6d</guid>
                <category>Dernières nouvelles</category>        <comments>http://www.plumedanslecoeur.com/article-sam-median-revient-et-il-est-super-content-80999772-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Puzzle Macabre - Chapitre 6]]></title>
        <link>http://www.plumedanslecoeur.com/article-puzzle-macabre-chapitre-6-79789168.html</link>        <description><![CDATA[<p style="margin: 0cm 0cm 10pt; text-align: center;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 10pt; text-align: center;">
    <strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; font-size: 16pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt;">6</span></strong>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 10pt; text-align: center;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: Times New Roman; font-size: 12pt;">L</span><span style=
    "font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">’homme a passé sa
    première nuit en garde à vue. La cellule n’est pas bien accueillante. En même temps, ce n’est pas le but, pense-t-il, pour recevoir des délinquants, pas besoin d’un quatre étoiles. Finalement, il
    avait bien fait de prendre son dernier déjeuner dans ce restaurant gastronomique. Ce fut son repas du condamné en quelque sorte, puisque, en France, il ne risque pas la peine de mort. Ce fut son
    dernier repas d’homme libre, avant les plats lyophilisés de la garde à vue et le confort improbable de sa cellule. Les geôliers n’avaient pas été méchants avec lui. À vrai dire, il savait qu’il
    les mettait mal à l’aise, leur faisait un peu peur en fait. C’était son statut de criminel certainement, peut-être son attitude aussi. Mais, il y avait bien deux personnes en lui. Non pas comme
    les néophytes l’entendent&nbsp;: pas de pseudo schizophrénie, avec une petite voix intérieure qui prend les commandes des opérations, — du moins s’en défendait-il —. Il savait faire face à cette
    situation et entretenait cette duplicité. Cela lui rappelait le mythique duo formé par Hyde et son docteur Jekyll. Lui pouvait être un commercial très doué dans son travail durant la journée et
    revêtir un costume beaucoup plus sombre quand il le souhaitait. Quand il décidait de s’éloigner de ce rôle consensuel et affable de ce VRP, il redevenait lui-même. Ça il le savait au plus profond
    de son être&nbsp;: ce n’était pas le bon qui gouvernait. Il n’était bien dans sa peau que lorsqu’il faisait le mal. Il contrôlait la situation.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Maxime
    Garnier mettait un point d’honneur à ne jamais agir gratuitement. Il justifiait chaque acte qu’il commettait, par devoir. Il se devait de comprendre, ou du moins de savoir pourquoi il se
    comportait ainsi. D’ailleurs, il était capable d’expliquer chacun de ses meurtres.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style=
    "font-size: 12pt;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Patron,
    le capitaine Marc Bronsky vient de Bordeaux, il est de la crime et reprend l’affaire de Podzi.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Le
    commissaire Livraie à peine perturbé par l’intervention de sa secrétaire, poursuit l’examen de ce magnifique fauteuil basculant, dont le contribuable vient de lui faire cadeau, sans le savoir. Le
    petit gros homme à l’air pompeux est assez fier de cette acquisition. Il s’imagine avec délectation le bonheur de ses petites siestes, qui vont trouver là un parfait trône à sa fainéantise. Avec
    ses sourires entendus et son regard fuyant, Livraie est un être parfaitement antipathique. Très loin de ce que tous peuvent attendre d’un chef de service, ou au moins espérer. Et le malheur des
    hommes était que ce chef-là n’avait plus aucune perspective d’avenir et finirait ses jours administratifs à La Rochelle. Les pontes de Paris avaient pris un plaisir particulier à lui offrir un
    placard doré, ou plutôt rouillé, comme seul avancement qu’il pouvait escompter. On lui avait fait comprendre en haut lieu, que l’avancement qu’on brandissait devant son nez telle une carotte
    était loin d’être un cadeau ou même simplement un choix. Et ce n’était pas non plus la récompense d’un quelconque mérite. Cet éloignement forcé loin de sa terre natale, il l’acceptait ou on
    saurait lui faire payer&nbsp;: il était devenu gênant là où il se trouvait précédemment. Il n’eut d’autre choix que de se laisser convaincre par son délégué syndical et «&nbsp;prendre la
    cantine&nbsp;», en d’autres termes, faire ses valises pour échouer là. Bien sûr, il n’y gagna rien en amabilité, ni en efficacité. L’administration avait aggravé son ulcère et fait de lui un
    homme encore plus aigri et frustré. Les «&nbsp;bleus&nbsp;» firent avec. La base sait bien qu’elle n’a jamais le choix et doit se contenter de se serrer les coudes et de prendre son mal en
    patience. Les policiers évitaient juste de le solliciter ou d’avoir besoin de lui après son repas méridien. Celui-ci se déroulait de midi à 16 heures tous les jours et les règles en étaient
    simples&nbsp;: ne surtout pas déranger le taulier pendant cette pause bien méritée, sous peine d’être la cible de sa fureur, et ne pas perturber la digestion du commissaire divisionnaire, qui
    n’était idéale qu’à partir du seuil d’alcoolémie réclamé par son organisme. Si quelqu’un souhaitait rencontrer le patron du commissariat de La Rochelle, le mot d’ordre était vite passé au sein de
    la population. Il fallait le voir durant sa journée de travail, entre 9&nbsp;h&nbsp;30 et midi, soit après le café du matin et avant l’apéro. C’était de notoriété publique.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Une chance
    pour les gars de la Brigade Criminelle de Bordeaux, il n’est que 11 heures ce matin, ils n’auront pas à attendre demain pour prendre en compte le «&nbsp;tueur de Périgny&nbsp;», comme l’appelait
    déjà le quotidien régional, avec le peu d’éléments qui avaient filtrés jusqu’à la rédaction.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Selon une
    source proche de l’enquête, à comprendre pour les initiés, d’après un certain substitut du procureur qui cherche à s’attirer les bonnes grâces de la presse locale, un certain «&nbsp;Maxime&nbsp;»
    aurait étranglé une paisible mère de famille, pour une raison non encore établie. Et pour les journalistes d’embrayer aussitôt sur les turpitudes d’une liaison dangereuse, ou pour d’autres des
    médias télévisuels, d’échafauder des hypothèses sur un criminel en série, violeur de bourgeoises, dont l’échappée meurtrière avait pris fin dans les faubourgs de La Rochelle. Sûrement un
    dangereux marginal rejeté par ses parents et paria de la société, pouvait-on encore entendre par l’écho de la rumeur populaire, qui appelait déjà de ses vœux une sanction exemplaire, pour punir
    cet assassin sans foi, ni loi. Personne ne pouvait leur en vouloir&nbsp;; un événement de ce genre était plutôt rare dans la région, et le manque de sujets de discussion dans cette ville trop
    calme poussait les gens à faire feu de tout bois, lorsqu’enfin quelque fait divers se produisait.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style=
    "font-size: 12pt;">&nbsp;</span></span><span style=
    "font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Monsieur le
    Divisionnaire, je peux vous voir&nbsp;?</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Les mots
    du capitaine de police restent sans effet sur le commissaire, qui continue imperturbable l’examen de sa fringante monture, comme si l’heure de la sieste avait été subitement
    avancée.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">—
    Monsieur&nbsp;? Tente à nouveau Marc Bronsky, en haussant le ton cette fois. Nous avons un problème, enfin vous avez un problème…</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">—
    Comment&nbsp;? Que se passe-t-il&nbsp;? Un souci avec quoi&nbsp;?</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— En fait,
    ça va, on a tout réglé, mais en l’absence de votre enquêteur, celui qui a pris l’affaire Garnier, je dois vous aviser de la suite des évènements. Le procureur de La Rochelle a dessaisi votre
    antenne de ce dossier et lui-même a transmis l’affaire à son confrère de Bordeaux, par commodité pour le suivi de celle-ci. Je suppose que je peux compter sur votre accueil pour les
    investigations futures, que nous serions amenés à faire dans votre beau département.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">—
    Quoi&nbsp;? Euh oui, bien sûr, laisse échapper Livraie entre deux de ses sourires convenus. Alors vous prenez Gravier, le… le gars de la morte, c’est ça. Quant à Panzani, qui a pris l’affaire, on
    va l’appeler pour la passation du dossier.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Si les
    circonstances n’étaient pas si graves, elles seraient sans doute drôles. Le «&nbsp;patron&nbsp;» montre là en un instant toute l’étendue de sa nullité&nbsp;: il fait, aux yeux de Marc, montre de
    toute son incapacité à gérer quoi que ce soit. Heureusement, le capitaine avait été prévenu au préalable par la secrétaire du commissaire, de la médiocrité reconnue de l’homme. C’est pour cela
    qu’il en avait ajouté un peu pour le faire sortir de sa concentration «&nbsp;mobilière&nbsp;». Mais, tout ce qu’on aurait pu lui dire, n’aurait été qu’une approximation faible de ce que le petit
    gros pouvait rendre dans sa totalité. Un ramassis de ce que le corps des commissaires pouvait offrir de pire, le tout pressé et concentré au sein d’un seul bonhomme&nbsp;; quoique le préfixe
    «&nbsp;bon&nbsp;» soit là inapproprié. Le capitaine reprend cette fois plus fermement. Après tout, ce n’est pas son supérieur, il ne lui doit rien&nbsp;:</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Votre
    subordonné s’appelle Pozzuoli et non Panzani&nbsp;! Et le gars de la morte, comme vous dites, est le tueur d’une mère de famille, son nom c’est Garnier, mais ce n’est pas grave. Je verrais cela
    avec le proc' pour le suivi de la procédure, je suppose que tout ceci ne sera pas une surprise pour lui, il doit vous connaître… sur ce, Monsieur, bonne sieste&nbsp;! Il est des gens qui
    travaillent eux, et moi j’ai un métier pas seulement une occupation&nbsp;!</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Marc sort
    du bureau en claquant la porte.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style=
    "font-size: 12pt;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Ce
    quarantenaire n’a jamais eu sa langue dans sa poche, il a fait ses classes au quai des Orfèvres et en a vu passer des patrons. Il en a connu des bons, de très bons, et d’autres jetés là pour tout
    un tas d’autres raisons. Il a décidé de ne plus se laisser faire par des incapables, furent-ils commissaires de police. Et s’il est dur, il est surtout efficace, excellent enquêteur, et a toute
    la confiance de son chef de service à Bordeaux. La secrétaire de Livraie le regarde partir après cette sortie théâtrale, qu’elle aurait tant aimé applaudir, sous peine d’essuyer la colère du
    petit gros. Déjà qu’elle avait beaucoup apprécié le charisme de l’enquêteur de la Crime, lorsqu’il s’était présenté pour voir le patron&nbsp;; le charisme oui, mais surtout son physique. Marc est
    en effet, un homme de grande taille, de corpulence athlétique, avec un beau visage taillé dans l’homme brut, des yeux bleus océans où elle aurait rêvé plonger et des cheveux allant de blond à
    grisonnant en bataille, qui présentent malgré tout une structure comme profondément étudiée. Chaque détail semblait trouver sa place et formait un tout plus qu’harmonieux, très mâle. C’est du
    moins les informations qui remontent du ventre de Sonia, après le passage du capitaine au secrétariat, et l’incursion de cet homme dans son pauvre quotidien.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Marc
    retrouve ses collègues de la Brigade Criminelle au poste de police. Il raccroche d’un coup de fil un peu mouvementé qu’il vient de passer au magistrat de La Rochelle. Le procureur lui confirme le
    transfert de compétence ainsi que la reprise du dossier. Il transmettra tous les documents nécessaires à la permanence de la DIPJ à Bordeaux. Il a reçu également les impressions du capitaine sur
    le commissaire Livraie et lui a confié à mots couverts qu’il n’était pas non plus son meilleur ami. Et comment pourrait-on l’être&nbsp;? Il n’y a que son chauffeur qui l’apprécie, parce qu’il est
    de la même engeance de soûlards et d’abrutis que son maître. Du reste, selon Sonia, le commissaire l’avait amené dans ses bagages puisque l’autre n’avait guère plus de personnes capables de le
    supporter que lui. Ne parlons pas de l’aimer&nbsp;!</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Maxime
    Garnier prend place entre deux policiers dans le véhicule de la PJ, et bientôt l’équipage récupère l’itinéraire de Bordeaux. Sur la route, Marc Bronsky feuillette les premières pages de la
    procédure initialement prise en compte par le brigadier Pozzuoli. Il lui reconnaît un caractère très «&nbsp;scolaire&nbsp;». Ce ne doit pas être un ancien de la Police Judiciaire, plutôt un homme
    de terrain. Ça se voit, ça se sent. En dehors de ces premiers aspects, les actes faits et rédigés par le brigadier sont corrects. Rien à dire là-dessus. Marc n’a pas très envie de commencer son
    travail en plein milieu de la nationale et dans la voiture de surcroît, mais il se retourne vers Maxime.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— J’ai du
    mal à comprendre vos motivations profondes dans cette histoire, si motivations il y a. J’espère que vous allez m’en dire plus Garnier, interroge-t-il implicitement.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">L’homme,
    serré à l’arrière entre les deux policiers, ne bouge pas. Il ne répond pas.</span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 19 Jul 2011 19:09:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">69530649e85a363f21505b5391e9b283</guid>
                <category>Puzzle Macabre</category>        <comments>http://www.plumedanslecoeur.com/article-puzzle-macabre-chapitre-6-79789168-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Puzzle Macabre - Chapitre 5]]></title>
        <link>http://www.plumedanslecoeur.com/article-puzzle-macabre-chapitre-5-79789040.html</link>        <description><![CDATA[<p style="margin: 0cm 0cm 10pt; text-align: center;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 10pt; text-align: center;">
    <strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; font-size: 16pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt;">5</span></strong>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: Times New Roman; font-size: 12pt;">- C</span><span style=
    "font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">’est moi chérie, je
    suis désolé. Une affaire de merde qui me tombe dessus. J’espère que je ne t’appelle pas trop tard.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Ne
    t’inquiète pas. Ce n’est pas bien grave, je ne suis pas prête non plus. J’étais coincée dans un livre, je t’expliquerai. C’est quoi ton histoire&nbsp;? Pas de collègue à toi de blessé au
    moins&nbsp;?</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Non, ce
    n’est pas une affaire de ce genre. C’est «&nbsp;juste&nbsp;» mon premier meurtre, ça aurait pu ne jamais arriver ici. Mais il a fallu que ça tombe sur mon week-end de perm'. Et là, je n’ai pas le
    choix, et surtout personne pour m’aider. Il faut que je débrouille ce sac de nœuds tout seul. Je crois que je n’étais pas prêt…</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Tu vas
    t’en sortir, reste calme et fais ton travail comme tu l’as appris. J’ai confiance en toi, tu sauras t’en sortir. Je t’attends pour manger, rien ne presse. Dis-toi qu’après cette soirée, ce sont
    les vacances. Tu les auras d’autant plus méritées. Bisous chéri, à tout à l’heure.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Diane
    raccroche. Finalement, elle s’en sort bien. Elle n’a plus besoin de culpabiliser pour son évasion par la lecture. Personne ne lui en fera grief, et d’ailleurs David n’est pas du genre à lui
    reprocher quoi que ce soit. Au pire l’aurait-il emmenée au restaurant. Là, comme elle dispose d’un temps indéterminé, Diane décide donc de concocter un petit plat. Son enquêteur de mari aura sans
    doute un grand besoin de réconfort à son retour. Et celui-ci passe par le bien-être de l’estomac, surtout chez un homme, pense-t-elle. Il y a deux organes qui doivent fonctionner normalement pour
    assurer au vrai mâle, le repos du guerrier tant espéré. Le premier est le siège de la digestion. Le second, presque plus important que le cœur aux yeux des hommes, nulle femme ne peut
    l’ignorer... Diane va donc s’occuper de satisfaire ses papilles. Pour le reste, la soirée n’est pas finie. Elle a définitivement accepté l’augure de ce séjour en amoureux au Futuroscope. À 122
    kilomètres de son quotidien, quelle évasion&nbsp;! Pourtant, elle a résolu de faire son deuil de ses rêves d’évasion en amoureux. Elle accepte d’y voir là d’un petit sacrifice pour elle, mais un
    grand progrès pour l’homme de sa vie. Comme le disait John Gray, les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus, et Diane avait lu tous ses livres avec grand intérêt, non pas qu’il soit grand
    auteur à ses yeux, mais plutôt afin d’en retirer plusieurs principes et d’en assimiler d’autres. Ainsi, pour franchir la distance entre les deux planètes et parvenir à s’entendre au sein d’un
    couple, fallait-il composer sans arrêt, parfois se compromettre ou s’amender&nbsp;: seul importait le résultat. À défaut de pouvoir accoler les deux mondes, construire patiemment une passerelle
    entre eux permettait de se comprendre un peu mieux et de ne pas laisser gâcher l’amour, par l’usure d’un quotidien et de ces petits tracas qui l’accompagnent. Le couple n’est-il pas la dernière
    grande aventure humaine&nbsp;? Et Diane avait régulièrement l’impression de se perdre au cœur de la forêt amazonienne, quand elle tentait de se faire comprendre par le David de sa vie. La
    recherche du bonheur dans le couple est comme la quête du Graal, en pire&nbsp;: tout le monde pense que ça existe, pourtant on passe sa vie à le chercher sans jamais vraiment savoir si même on
    s’en approche. Et quand par hasard on le trouve, personne n’est sûr de le reconnaître. Et rien n’est alors plus facile que de le laisser filer. C’est la vie, et l’ampleur du défi à accomplir.
    Diane l’a parfaitement intégré, même s’il n’est pas toujours aisé de le mettre en pratique au quotidien.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Ces
    pensées occupent son esprit, pendant qu’elle s’affaire à préparer des tagliatelles Al pesto pour son italien de mari, avec le basilic du jardin. Elle met au frais une bouteille de chianti, en
    accord avec son plat, mais faisant un peu injure à ses origines bordelaises. Bacchus ne lui en tiendra pas rigueur pour cette fois.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">À
    22&nbsp;h&nbsp;35, David pousse enfin la porte de sa maison. La fatigue, mais aussi le soulagement se lisent sur son visage. Diane l’attend sur le canapé. Elle porte comme unique vêtement une
    nuisette noire, qui ne cache pratiquement rien. Même éreinté et la faim au ventre, David n'en a guère besoin de plus pour recouvrer immédiatement ses forces. En un instant, l’enquêteur repousse
    loin de lui, les préoccupations de cette journée harassante, le comportement dérangeant de cet incroyable assassin, et toute cette pression ayant pesé sur ses épaules. D’un baiser enflammé sur
    les lèvres humides de sa femme, il oublie tout et il n’en faut pas plus pour qu’il se laisse chavirer sans résistance. L’odeur entêtante du basilic continue patiemment à flotter dans le salon,
    attendant que quelqu’un se préoccupe d’elle. Et la lumière vacillante des bougies savamment disposées par la maîtresse de maison accompagne le ballet d’ombres chinoises qui enveloppent bientôt
    les deux amants sur le canapé. Le repas attendra. Ce soir, la fatigue aidant sûrement, leur étreinte est tendre et langoureuse. David n’attendra finalement pas d’être repu pour profiter du
    «&nbsp;dessert&nbsp;» qu’avait prévu pour lui son hôtesse. Il se sert et le prend farouchement, intensément, quand les corps unis glissent sur le tapis du séjour. Imaginait-elle vraiment,
    l’attendant dans cette position à moitié nue, que son amant réussirait à patienter jusqu’à la fin du repas&nbsp;?</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Et là,
    alors qu’il regarde amoureusement sa déesse droit dans les yeux, ces derniers lui renvoient les lueurs des flammes qui jouent sur les murs. Sa femme lui fait face, et en un instant tout
    bascule.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">David
    saisit fermement Diane par les hanches et la force à se retourner. Il prend cette fois possession de son corps en restant derrière elle. Puis déchirant sa nuisette d’un geste vif, il la relève et
    plaque son buste contre lui dans un râle, juste avant de prendre ses seins à pleines mains. L’étreinte est animale, sauvage, presque brutale et a pour effet de provoquer très vite la montée du
    plaisir chez les amants. David sentant se rapprocher l’assaut final se voit mettre les mains autour du cou de sa dulcinée. Et doucement serre son emprise jusqu’à sentir Diane parcourue par un
    sursaut. Le début d’étranglement a provoqué l’éjaculation de David et avec elle l’orgasme de sa femme, surprise de la violence de sa jouissance, mais surtout de cet assaut très particulier. Comme
    secoué par un électrochoc, aussitôt après, David reprend pied… heureusement, mais trop tard. Il ignore ce qui l’a poussé à agir ainsi, ou plutôt ne le sait que trop bien… Il ne dit
    rien.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style=
    "font-size: 12pt;">&nbsp;</span></span><span style=
    "font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Une fois le calme
    revenu, Diane, afin de briser ce silence malsain qui a suivi l’étreinte, propose à son homme de reprendre des forces avec le repas qu’elle lui a cuisiné. Elle repense à cette attitude quelque peu
    déplacée, en tout cas surprenante. Comment l’aborder sans froisser David&nbsp;? Doit-elle simplement en parler&nbsp;? Il n’a jamais essayé ce genre de choses auparavant. Ces pratiques ne font pas
    vraiment partie de leurs habitudes. Non pas que Diane y soit farouchement opposée&nbsp;: elle n’a rien contre un peu de piment, voire un contact plus «&nbsp;physique&nbsp;» de temps en temps.
    Mais David reste d’ordinaire plutôt classique, manquant même parfois de fantaisie à l’occasion. Ce rapport assez brutal a donc de quoi lui fournir matière à réflexion. Ce qui pique sa curiosité,
    c’est que son mari rentre tard et lui fasse l’amour en utilisant des gestes qu’il n’a jamais osés. Enfin, Diane repousse ses démons, se promettant si besoin est de revenir plus tard sur ses
    inquiétudes. Elle ne tient pas à se laisser envahir par des pensées sordides. Pourtant, elle prêterait volontiers à son mari une aventure, capable d’expliquer cette différence de
    comportement.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style=
    "font-size: 12pt;">&nbsp;</span></span><span style=
    "font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Elle débouche la
    bouteille de Chianti en chassant ses idées noires et sert un verre de vin à David.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Alors,
    ta journée&nbsp;? Glisse-t-elle en lui présentant le plateau d’antipasti qui prépare son repas.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Je ne
    sais pas si j’ai envie d’en parler ce soir, je préfèrerais qu’on discute de cela plus tard, demain…</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">David n’a
    effectivement pas vraiment envie d’aborder le sujet pour le moment, d’autant qu’il a l’impression d’avoir introduit dans sa tanière un peu de ce criminel qui s’est trouvé sur sa route
    aujourd’hui. Il prend une bouchée appétissante de cette entrée italienne, et après un compliment sincère sur les talents culinaires de sa cuisinière d'épouse, qui ne sont plus à démontrer, il
    interroge Diane sur ce livre qui trône maintenant sur le buffet du salon. Il noie le poisson. Ravi qu’il s’y intéresse, elle saute sur l’occasion de partager ses impressions et lui résume
    brièvement l’histoire. Au-delà des mots de l’écrivaine, c’est davantage la capacité de celle-ci à créer un univers très particulier axé sur le personnage fétiche de son commissaire, qui attire la
    jeune femme. Elle pense d’ailleurs avoir lu tous ses romans&nbsp;: lu&nbsp;? Non, dévoré. Tout en poursuivant sa réflexion à voix haute, Diane s’active à réchauffer son plat principal, remuant
    ici, égouttant ses pâtes là, pendant que David discrètement reste fixé sur ses mains, comme si elles ne lui appartenaient plus. Pas assez discrètement, puisqu’avec une phrase incongrue savamment
    dissimulée au cœur de ses propos, sa femme se rend compte immédiatement qu’il ne l’écoute absolument pas. Elle tourne la tête par-dessus son épaule, juste assez pour voir où se perd le regard de
    David, sur ses mains objet de son trouble. Ses propres impressions ressenties plus tôt n’étaient donc pas le fruit du hasard&nbsp;: son amant n’avait pas fait ce geste sans raison. Mais en
    connaissait-il lui-même l’explication&nbsp;? À voir son comportement, probablement pas.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Ils se
    couchent tard ce soir-là. David est déjà rentré à une heure bien avancée. Après le repas, ils avaient eu en outre besoin de passer un moment l’un contre l’autre avant de se mettre au lit, plus
    calme cette fois. Sommeillant déjà à moitié devant une télévision inintéressante, David, harassé par cette permanence à rallonge, s’endort à peine posé dans leur lit. Diane ne trouve pas le repos
    ce soir. Sans doute par la faute de son rythme de travail, sans doute…</span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 19 Jul 2011 19:07:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">c5413cb005b3fe80c165620fcd303662</guid>
                <category>Puzzle Macabre</category>        <comments>http://www.plumedanslecoeur.com/article-puzzle-macabre-chapitre-5-79789040-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Puzzle Macabre - Chapitre 4]]></title>
        <link>http://www.plumedanslecoeur.com/article-puzzle-macabre-chapitre-4-79788829.html</link>        <description><![CDATA[<div style="margin: 0cm 0cm 10pt; text-align: center;"></div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 10pt; text-align: center;">
    <strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; font-size: 16pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt;">4</span></strong>
  </div>
  <div>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp;
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Après un
    instant de trouble, accompagné d’une montée en température, David se retourne vers l’homme qui quitte le véhicule de police. Pour qui se prend-il celui-là&nbsp;? Il aurait voulu lui répondre,
    rien n’est venu. Maintenant, il est trop tard. Si seulement cela avait pu se passer avant sur son terrain, lorsqu’il était encore affûté. Jamais il n’aurait laissé dire ça sans réagir
    immédiatement.</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">À
    l’extérieur du véhicule, avec cet arrière-goût amer, David reprend le bras de Garnier et le fait pénétrer dans l’hôtel de police. Il le pousse vers le poste et s’adresse au sous-brigadier qui
    tient la permanence.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Tu peux
    faire sa fouille et le coucher sur le registre de garde à vue. Je vais à mon bureau. Fais-le monter dès que c’est bon&nbsp;!</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">David
    tourne les talons et se rend directement à l’ascenseur. Quand les portes se referment dans un claquement, il pousse un grand soupir. Cet homme, qui qu’il soit, le met bien mal à l’aise. Il va lui
    falloir tout son courage et beaucoup de concentration pour mener à bien cette première audition. Ce n’est pas forcément la plus importante, dans bien des cas. Pourtant là, David sait bien que
    dans pareilles affaires, il pourrait obtenir des informations primordiales que Garnier ne redonnera plus ensuite. Après tout, le tueur sait bien qu’il finira en prison et aura peu de chance de
    s’en sortir face à un jury populaire. Pensez donc, un homme capable de tuer froidement une mère de famille laissant derrière elle enfant et mari, qui du reste ne pourront sûrement jamais
    comprendre ou admettre ce qui leur est arrivé&nbsp;! Comment d’ailleurs pourrait-on accepter l’inadmissible&nbsp;? Les agressions injustes le sont par définition, bien sûr, mais il y a toujours
    des cas où les faits paraissent encore pires.</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Assis à
    son bureau, il se pose enfin et retrouve ses marques. L’ordinateur sort de sa veille et laisse apparaître le visage de Diane en fond d’écran. Cette vision le rassure et le rassérène plus qu’il ne
    le croyait. Il n’imaginait pas à quel point cette image pouvait avoir un impact bénéfique sur lui. Cette fois, il le mesure totalement.</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Le
    sous-brigadier frappe à la porte, il tient Garnier par les menottes.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Je
    l’accroche, Podzi&nbsp;? demande-t-il en désignant le crochet au mur.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Oui,
    fais donc ça, et après tu peux nous laisser, je t’appellerai quand il faudra le redescendre. Tu es à quel poste&nbsp;?</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Au
    35.10.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: Times New Roman; font-size: 12pt;">A</span><span style=
    "font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">joutant à propos de
    Garnier&nbsp;:</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Il n’a
    quasiment rien dans sa fouille, juste ses papiers d’identité. Il n’a pas décroché un mot depuis son arrivée.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Le
    policier quitte la pièce, laissant la porte ouverte. David entame son procès-verbal par les formules habituelles et nécessaires. Puis il commence à relever point par point les renseignements
    concernant Maxime Garnier. Rien ne laisse penser, d’après les bribes de son passé que David tente d’associer, que l’homme pourrait commettre un tel acte. Rien n’autorisait à l’anticiper
    apparemment. Il semble être un homme d’une banalité affligeante, juste normal en fait. Évidemment, l’enquêteur est loin d’être un expert en psychologie&nbsp;; il n’est pas criminologue non plus
    et bien incapable d’expliquer comment et pourquoi un être humain répond à une pulsion criminelle.</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Maxime est
    un homme de trente-deux ans, né d’une mère femme au foyer et d’un père militaire. Il a un diplôme supérieur en commerce international. Certes, il a perdu il y a peu de temps son père, dernier de
    ses parents en vie. Mais si tous les orphelins étaient des criminels en puissance, cela se saurait. Et David était bien placé pour répondre à ce genre d’allégations, lui qui avait enterré ses
    parents et son frère cadet, les derniers vivants de sa proche famille. Maxime était séparé depuis deux ans et aucun enfant n’était né de cette union. L’enquêteur se dit que finalement il a pas
    mal de points communs avec le tueur, à l’exception du fait que Maxime lui, vient d’étrangler une femme. David a quand même un minimum de «&nbsp;culture&nbsp;» criminelle, ne serait-ce que celle
    acquise sur le tas, et le profil de ce «&nbsp;monsieur tout le monde&nbsp;» ne coïncide pas vraiment avec la personnalité qu’on serait en droit d’attendre d’un sociopathe. Il a été montré que la
    plupart des auteurs d’homicides, commis de sang-froid, présentait des signes avant-coureurs, trahissant une propension à tuer ou laissant prévoir un passage à l’acte. Exception faite des
    personnes dites normales et que des circonstances, quelles qu’elles soient, incitent à tuer. Mais dans le cas de Périgny, on peut dire qu’il y a une froideur ambiante plus que visible. Certes,
    David ne tient ses réflexions que d’une culture livresque, mais elles sonnent pourtant comme des vérités, surtout dans le cas présent.</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Nous
    allons entrer dans le vif du sujet M.&nbsp;Garnier. Vous allez me dire, depuis votre départ de chez vous à Noisy jusqu’au moment de votre interpellation aujourd’hui, tout ce qui s’est passé.
    Soyez le plus précis possible, vous aurez certainement besoin de vous répéter durant l’enquête, mais essayez de ne rien oublier&nbsp;!</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">David n’a
    pas particulièrement envie d’être prévenant, ou même simplement conciliant avec le tueur&nbsp;: il s’est dit pourtant qu’une attitude neutre ne peut pas faire de mal. Il ne sait comment s’y
    prendre autrement en fait.</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Voilà,
    j’ai quitté mon domicile ce matin tôt. Il devait être 8 heures environ. J’ai pris le départ tranquillement, je n’avais aucun impératif horaire, pour une fois. J’avais bien un rendez-vous prévu,
    avec Marlène bien sûr, mais je ne lui avais pas donné d’horaire. Elle savait seulement que je devais profiter d’un déplacement dans la région pour passer la voir. Elle m’avait confirmé être seule
    à son domicile ce dimanche. Son mari était en déplacement pour le boulot, un séminaire je crois. Et sa fille, comme je vous l’ai déjà signalé, passait le week-end chez sa grand-mère
    maternelle.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— J’ai
    fait bonne route, il n’y avait personne aujourd’hui. Je suis arrivé vers midi. Oui, je me souviens, 12 h 08 précisément&nbsp;: j’ai regardé le GPS en arrivant. Puis, j’ai décidé d’aller déjeuner
    près de la gare SNCF. À cinq minutes à pied se trouve un excellent relais gastronomique. Le restaurant s’appelle «&nbsp;Coutanceau&nbsp;», c’est une très bonne table. Je me suis dit que pour mon
    dernier repas d’homme libre, il fallait en profiter.</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">David a
    des questions qui lui brûlent les lèvres, mais il se les mord pour ne pas interrompre l’individu dans sa narration. Après tout, il se dit qu’il pourra revenir plus tard sur certains détails.
    Garnier poursuit.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">—
    Excellent repas d’ailleurs, n’hésitez pas à y emmener votre épouse, je vois que vous êtes marié (baissant les yeux sur l’alliance de l’enquêteur). En plus, vous pouvez vous garer facilement sur
    le parking de la gare. Les tickets de carte bleue et la fiche qui correspondent sont dans mon portefeuille. Vous y verrez à peu près l’heure à laquelle j’ai quitté le stationnement pour me rendre
    chez Marlène. Je suis arrivé à Périgny après l’avoir appelée de mon portable, ça aussi vous pourrez aisément le vérifier.</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">David note
    au plus juste tous les propos de l’interpellé, y compris les phrases qu’il lui adresse directement. Le brigadier se dit que finalement ces éléments peuvent aussi en apprendre sur la personnalité
    du tueur, à qui relira ses procédures et reprendra l’affaire par la suite. En y songeant, il tique&nbsp;: Maxime lui parle de son épouse. Un coup d’œil à l’horloge lui apprend qu’il est 20 heures
    passé. Lancé sur sa procédure, en tentant de rester concentré sur l’essentiel, il en a un peu mis Diane de côté. Il en a même laissé passer l’heure de regagner ses pénates. David est
    consciencieux il est vrai, et quand il y a une affaire en cours, l’urgence est avant tout de terminer son travail. Sa femme peut le comprendre, elle est aussi coutumière des faits&nbsp;: à
    l’hôpital, il serait impossible, surtout aux Urgences, d’ajourner les patients qui se présentent, au prétexte de sa fin de service. «&nbsp;Retenez le sang qui coule de votre crâne Monsieur, la
    relève va s’occuper de vous dès que possible&nbsp;!&nbsp;».</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Le
    poste&nbsp;? C’est le brigadier Pozzuoli, vous pouvez m’envoyer quelqu’un pour garder mon gardé à vue. Ah&nbsp;? Le chef Toulon est revenu, parfait, dites-lui de monter je dois le voir
    justement.</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">David
    arrête un instant l’audition. Maxime Garnier suspend son monologue, comme on corne la page d’un livre pour en reprendre la lecture plus tard. L’histoire s’interrompt. Grégory entre dans le
    bureau. Il a retrouvé des couleurs plus humaines et sourit à David, avant de tourner le visage et de revoir Garnier. Immédiatement, le masque envahit à nouveau son visage et le fige. Visiblement,
    il n’y a pas que l’enquêteur qui se sent mal à l’aise en présence du mis en cause. Pourtant, Maxime n’a pas même levé les yeux vers lui. Il continue à fixer David sans ciller, prêt à reprendre le
    fil de ce qui apparaît comme un compte-rendu. L’enquêteur sort et entraîne à sa suite le chef. Dans l’encoignure de la porte, un œil rivé sur Garnier par précaution, l’OPJ écoute d’abord le bilan
    de Grégory. Celui-ci lui rapporte la suite des événements. Le magistrat s’est rendu sur place à Périgny et il a pu voir le médecin, qui a officiellement constaté le décès, sans surprise
    toutefois. Les collègues de l’Identité Judiciaire eux sont encore au domicile de Marlène, l’exploitation de la scène de crime n’est pas chose aisée, même quand on interpelle l’auteur «&nbsp;la
    main dans le sac&nbsp;». À vrai dire surtout dans ce cas. Le chef confirme à David que d’après les premières constatations de ces techniciens, communément appelés IJistes, Marlène était une fée
    du logis. Sa maison est d’une propreté peu commune et comme l’avait annoncé Garnier, il n’y avait laissé que très peu de traces de sa présence. Toutefois, leur travail se poursuit dans le
    pavillon. Enfin, le mari de Marlène avait pu être joint téléphoniquement. Il prenait la route au plus vite et sera de retour peut-être tard dans la nuit. Il laisse bien entendu sa fillette chez
    ses grands-parents&nbsp;; les parents de feu son épouse sont défaits, bien évidemment. Ils ont pourtant accepté de garder Manon jusqu’à demain chez eux en Bretagne, pour la préserver jusqu’à
    savoir quelle attitude adopter à son égard. Ils partiront lundi matin pour venir soutenir leur gendre. Enfin, le corps de la femme a été pris en compte par le funérarium pour être déposé à la
    salle funéraire du centre hospitalier de La Rochelle, en attente de l’autopsie.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Après ce
    rapport exhaustif d’intervention, David demande à Greg de surveiller Garnier un instant, le temps pour lui d’appeler Diane.</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style=
    "font-size: 12pt;">&nbsp;</span></span><span style=
    "font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Puis, il reprend sa
    place dans son siège, sa tâche effectuée. Toujours aussi mal à l’aise, Gregory n’est pas fâché de le voir revenir vite et surtout de pouvoir quitter le bureau. Justifiant son empressement, il
    précise qu’il doit se mettre enfin à la rédaction de son procès-verbal d’interpellation. Celui-ci ne présente pas de difficulté majeure, presque moins que lors de l’interpellation d’un voleur à
    la tire. Le travail le plus difficile revient sans aucun doute à David, qui reprend maintenant son audition. Il relit rapidement ses dernières lignes sur l’écran afin d’en retrouver le fil.
    Maxime prend la parole sans attendre, comme on relève la touche pause d’un dictaphone.</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Marlène
    m’attendait. Elle a ouvert la porte d’entrée à peine la voiture stationnée. Elle voulait sans doute écourter ma présence dans la rue&nbsp;: peut-être craignait-elle qu’un voisin ne me voie entrer
    chez elle. Peut-être s’en moquait-elle finalement. Je ne crois pas qu’elle s’attendait à l’issue de notre rendez-vous, mais allez savoir avec les femmes. Nous ne les comprendrons jamais vraiment,
    n’est-ce pas&nbsp;?</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Sans
    attendre de réponse à ce lieu commun, il poursuit son monologue. Il donne en effet l’impression de parler tout seul, David n’étant que le témoin factuel de cette narration. Maxime Garnier mène
    son propre interrogatoire.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Je
    n’avais pas revu Marlène depuis ses 16 ans. Elle n’avait pas vraiment changé en doublant son âge. Je ne connaissais que très peu d’éléments de sa vie actuelle, ni de son parcours depuis qu’elle
    était sortie de ma vie. En fait, cela n’avait aucune importance. Ça ne m’intéressait pas. Je ne dis pas que je n’ai rien ressenti en la retrouvant après tout ce temps, mais seul mon dessein me
    motivait et m’occupait l’esprit. Nous nous étions retrouvés par le biais d’Internet. Vous n’imaginez pas tout ce qu’on peut réaliser avec le net. Quelque part, j’avais envie de la revoir, je n'en
    ressentais pas le besoin, juste l’envie. Ce n’était pas là ma réelle motivation. Il fallait qu’elle paye…</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">David,
    pour la première fois depuis le début de l’audition, sent que l’homme dérape. Tout le temps calme et pondérée, utilisant un ton monocorde, la voix de Garnier se durcit tout à coup. L’enquêteur
    tente de ne pas montrer son trouble. Pourtant, un frisson imperceptible lui parcourt l’échine&nbsp;: le changement de son l’a frappé. Non pas que ceci lui fasse peur, mais son sixième sens
    l’interpelle. Il sait, sans en appréhender tout le sens, que quelque chose vient de se produire. Pour la première fois, le tueur se fait sentir&nbsp;: il affirme sa présence derrière les propos
    mesurés de Maxime. Immédiatement, David pense à un schizophrène, du moins pour l’idée qu’il peut s’en faire. Il n’en a jamais rencontré, pourtant ce changement brusque d’attitude le renvoie à une
    image d’Épinal, aux clichés véhiculés par ceux qui ne savent pas ou qui croient savoir. Pour la première fois également, Maxime Garnier observe un silence, amplifiant malgré lui l’écho malsain de
    sa dernière phrase. Il a baissé le regard quand sont sortis ces mots. Son visage reste sans expression, puis il reprend. David, lui, est resté bloqué dans le temps, le cliquetis des touches s’est
    interrompu, les doigts du rédacteur figés à quelques centimètres du clavier. Il traduit l’attitude de Garnier&nbsp;: aurait-il laissé sortir quelque chose qu’il voulait taire&nbsp;?</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Celui-ci
    reprend aussitôt.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Nous
    avons bavardé un peu, échangé quelques banalités. Mais l’atmosphère était électrique. Nous subissions les caprices de nos hormones. Je crois que nous avions envie l’un de l’autre et tout a
    basculé. Je me suis collé à elle et nous nous sommes embrassés passionnément. Et très vite, ça s’est transformé en quelque chose de très sexuel. C’était bestial, ça n’avait rien de très amoureux,
    c’était brusque et direct comme si nous étions deux amants simplement. Je ne vais pas vous faire le détail des positions, nous n’avons pas pris le temps de nous déshabiller. Et nous nous sommes
    retrouvés ainsi, moi derrière elle, contre le dossier du canapé. C’est à ce moment que j’ai saisi son écharpe de soie. Sentant le plaisir montait, j’ai serré ce lien au fur et à mesure, jusqu’au
    moment de l’orgasme où là j’ai tiré de toutes mes forces. Je n’ai relâché mon étreinte que quand elle a cessé de respirer. Les battements de son cœur s’étaient d’abord amplifiés pendant notre
    étreinte, je les sentais dans mes mains, sur son cou. J’ai attendu qu’ils s’arrêtent. J’étais venu pour la tuer, j’en avais besoin, il le fallait. Le reste, le sexe, c’était du bonus, mais je
    n’avais pas changé d’avis pour autant. Ensuite, je l’ai embrassée. Comme on embrasse une condamnée à mort je suppose, sauf que c’était déjà fini. Je n’ai pas eu l’impression qu’elle tentait de
    résister. Soit elle avait accepté le sort que je lui réservais, soit elle n’avait plus la capacité de réagir. Pourtant elle avait quelque chose à perdre, pas moi&nbsp;!</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">—
    Pourquoi&nbsp;? Lance David.</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">C’est la
    première fois qu’il reprend la parole. Et ce «&nbsp;pourquoi&nbsp;» regroupe toutes ses questions restées en suspens. Pourquoi Marlène s’est-elle laissé faire&nbsp;? Pourquoi Maxime est venu-t-il
    tuer cette mère de famille qu’il n’a pas vue depuis seize ans&nbsp;? Et surtout, pourquoi n’aurait-il rien à perdre&nbsp;?</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Garnier
    répond à ses questions muettes, comme s’il avait lu en David.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Je ne
    sais pas ce qu’elle attendait de moi. Qu’avait-elle pu imaginer sur nos retrouvailles après tant de temps&nbsp;? Elle s’était peut-être lassée de sa vie de couple. Mais pour autant, je ne peux
    pas expliquer son absence de réaction. Personne ne se laisse mourir en abandonnant derrière lui son enfant. Maintenant, ni vous ni moi ne trouverons de réponse à cette interrogation. Elle n’est
    plus là pour nous le dire, quant à moi… je suis ici. Nous reparlerons de cela demain.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Contre
    toute attente, il termine ses propos en répondant aux formalités légales de sa garde à vue.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Au fait,
    je ne veux pas de médecin, pas d’avocat non plus. Et il n’y a personne à prévenir.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Et avant
    même que David ne puisse réagir&nbsp;:</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— J’en ai
    assez, je suis fatigué…</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Garnier
    sombre alors dans un mutisme, comme s’il s’éteignait après avoir tout donné. L’enquêteur comprend malgré lui que c’est fini pour ce soir. Ce n’est pas un problème en fait. Le mis en cause sera là
    encore demain, sa garde à vue vient de commencer et quelque part, l’officier de police judiciaire pense avoir recueilli l’essentiel des propos de l’homme et un peu de l’essence de son
    comportement, pour une première audition du moins. L’individu raconte son homicide comme s’il avouait avoir volé dans un magasin, agissant sous le coup d’une pulsion&nbsp;; comme si ce n’était
    pas si grave.</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Pendant
    que Maxime Garnier est raccompagné par le sous-brigadier dans sa cellule, David passe en revue les phrases qu’il a couchées sur le procès-verbal. Finalement, hormis les faits extrêmement graves
    narrés dans la procédure, l’enquêteur est assez fier de lui&nbsp;: il a le sentiment d’avoir accompli son devoir, pense s’en être plutôt bien sorti en fait. Il décroche son téléphone et appelle
    le magistrat, qui lui aussi a prolongé sa permanence. Le brigadier lui fait son rapport détaillé de l’avancée de l’affaire. Monsieur Marfaux, le substitut, semble satisfait et pour clore la
    conversation, il indique à l’OPJ que l’antenne de La Rochelle est dessaisie de cet homicide au profit de la Brigade Criminelle de Bordeaux. Ses enquêteurs spécialisés reprendront le dossier dès
    demain, il n’y a plus d’urgence. Et de remercier enfin David, pour son travail. Il est près de 22 heures quand le brigadier Pozzuoli range ses affaires et coupe son ordinateur. Il quitte son
    bureau pour quinze jours, somme toute bien mérités au vu des derniers évènements. Il faudra bien cela pour récupérer des émotions de ses six dernières heures de permanence. Il ne manquera pas de
    replonger dans le dossier à son retour, à tout le moins par curiosité.</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Il pose la
    main sur l’interrupteur, quand Jean-Daniel accourt à sa rencontre.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Podzi,
    attends… tu connais mes habitudes. Je fais toujours le tour du véhicule après une interpel’. Je ne l’ai pas fait à notre retour, mais j’avais une drôle d’intuition, comme si je n’avais pas fini
    mon travail, ou pas fait consciencieusement…</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">—
    Excuse-moi, JD, viens-en aux faits, je suis claqué&nbsp;!</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Oui
    pardon, regarde ce que j’ai trouvé derrière le siège qu’occupait le gars.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Il tend
    fébrilement à David une petite clé, comme celle d’une consigne. Elle porte juste un numéro&nbsp;: 57.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Je ne
    peux pas te confirmer que ça vient de lui, mais c’est bizarre… je suis sûr qu’il n’y avait rien avant notre intervention.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;">— Pose ça
    sur mon bureau, on verra demain…</span></span>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Tue, 19 Jul 2011 19:03:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">81e9f1f72b82f586c8147c8f511518bd</guid>
                <category>Puzzle Macabre</category>        <comments>http://www.plumedanslecoeur.com/article-puzzle-macabre-chapitre-4-79788829-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Puzzle Macabre - Chapitre 3]]></title>
        <link>http://www.plumedanslecoeur.com/article-puzzle-macabre-chapitre-3-79788644.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <span style="font-size: 18pt;"><strong>3</strong></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: Times New Roman; font-size: 12pt;">D</span><span style=
    "font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">iane vient de terminer
    son livre. Elle pose devant elle le dernier polar de Fred Vargas, qui l’a tenue en haleine jusqu’à la dernière ligne. Levant la tête, elle aperçoit l’heure affichée par le four à micro-ondes.
    Déjà 19&nbsp;h&nbsp;57, et David va arriver. Le dîner n’est pas prêt. En fait, le soleil était tellement présent aujourd’hui, que la jeune femme avait décidé d’en profiter en s’installant sur la
    terrasse pour dévorer son roman policier. La chaleur de ce mois de juin et le calme de leur quartier lui avaient vite fait oublier que la vie suivait son cours. C’était délectable en fait de
    pouvoir ignorer le temps qui passe. Elle n’en avait même pas honte&nbsp;; après tout, elle avait mérité de profiter un peu de cette belle journée. Après cette dernière nuit de permanence qu’elle
    avait subie aux urgences…</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">La veille,
    David était revenu tôt. Il avait eu une journée calme ce samedi. Une affaire de stupéfiants, c’était relativement important à l’échelle de La Rochelle&nbsp;: revendeur et consommateur en pleine
    transaction, de quoi occuper une partie des effectifs la semaine prochaine. Entreprendre des investigations en profondeur et avec un peu de chance, ainsi qu’un bon travail de fourmi, la
    possibilité de démanteler un réseau au moins local. Non, La Rochelle était loin d’accéder au hit-parade des villes les plus criminogènes de France. Suffisamment d’interventions malgré tout pour
    occuper les effectifs de la PJ locale et montrer la volonté des enquêteurs d’accomplir leur tâche et préserver ainsi les valeurs de la République qu’ils défendaient. Comme disait son enquêteur de
    mari, l’étendue du boulot de la Police Judiciaire de la circonscription lui laisserait le temps de roder ses procédures, d’accomplir ses premiers pas en tant qu’OPJ nouvellement reçu à son
    examen. Ainsi, la semaine passée leur avait offert au sein du service une enquête du plus grand intérêt&nbsp;: une séquence de violences urbaines&nbsp;! Et en plein cœur de La Rochelle. Dans les
    faits divers, cela s’était affiché à la Une du journal le Sud-Ouest. «&nbsp;Une bande d’une dizaine de jeunes s’affronte en plein centre-ville&nbsp;; bilan&nbsp;: quatre blessés dont l’un par
    coups de marteau.&nbsp;» Du jamais vu dans la cité atlantique, tant de violence ferait les choux gras des médias régionaux durant trois semaines à n’en pas douter. L’interpellation du marteau
    était prévue pour la semaine à venir, selon le dernier trait d’humour des collègues de David. En tout cas, lui y trouvait son compte, puisqu’il s’employait à mettre en pratique les nouveaux
    enseignements fraîchement ingurgités pendant sa formation. Ces affaires de moyenne importance lui offraient l’exercice nécessaire pour passer de la théorie à la pratique, avec des collègues
    expérimentés à ses côtés qui avaient suffisamment de temps pour le conseiller, le coacher.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Diane,
    elle, s’était préparée pour sa dernière permanence de nuit avant un congé bien mérité&nbsp;; dernière permanence avant la «&nbsp;surprise&nbsp;» de son mari. Elle ignorait encore ce que cela
    pouvait être. En fait, rien ne la préoccupait dans cette histoire&nbsp;: David était tellement prévisible, qu’une simple sortie au cinéma inopinée et organisée par lui provoquerait chez elle une
    crise d’apoplexie. Là, elle s’amusait de voir son homme se dépêtrer avec ses préparatifs secrets&nbsp;; cette attitude gauche d’un garçonnet tentant maladroitement de dissimuler le cadeau qu’il
    fabrique pour la fête des Mères. Il n’était finalement qu’un homme dans toute sa splendeur, ni plus, ni moins. Ceci dit avec toute la tendresse que Diane pouvait éprouver pour son mari. Comme
    elles se le disaient entre filles à l’hôpital, «&nbsp;un homme ne peut être qu’un homme, il ne peut donner plus que ce qu’il est&nbsp;». Et ça, c’était bien un sujet sur lequel elles étaient
    toutes, toujours d’accord. Diane avait bien sa petite idée, elle y avait réfléchi, quelques jours durant à vrai dire. Et puis, elle avait tout compris en voyant des adresses d’office du tourisme.
    C’était à la fois merveilleux, parce qu’inespéré venant de David, mais d’une effroyable banalité. Toutefois, elle avait pris le parti d’adopter une attitude résolument positive. Elle ferait comme
    si c’était formidable, ne trahirait pas son véritable état d’esprit, enfouirait ses vilaines pensées. Elle devait n’y voir là qu’un réel progrès, ce qu’à dire vrai c’était vraiment. David y avait
    passé beaucoup de temps. Pour quelqu’un dans son genre, malgré tout l’amour qu’elle lui portait, ces préparatifs n’avaient sans doute pas été faciles à organiser. Allez, il avait fait sûrement là
    le plus grand geste d’amour dont il était capable&nbsp;: vouloir préparer une surprise à sa femme. Diane voulait résolument ne garder que cette idée en tête, et elle s’y tiendrait.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Le
    «&nbsp;voyage&nbsp;» de leur vie, selon Saint-David, c’était un petit séjour à Poitiers, au Futuroscope. Vous parlez d’un périple&nbsp;! Une petite escapade tout au plus&nbsp;: deux heures de
    route à condition de s’arrêter pour visiter toutes les aires de repos. Du grand David, ça oui. Et dire qu’il faisait tout un mystère, depuis des mois qu’elle avait repéré les premiers gestes
    suspects. Plusieurs mois pour fomenter le «&nbsp;plan de sa vie&nbsp;», Diane espérait qu’à ce compte-là, à y mettre autant de temps et d’énergie, il avait au moins prévu champagne et petits
    fours à chaque pause pipi. C’était bien le moins qu’il pourrait lui accorder. Quel organisateur d’évènementiel&nbsp;! Malheureusement pour lui, il n’avait pas pris garde de ne rien laisser
    traîner. Pour un policier, il n’avait pas fait très fort. Elle n’avait pas eu besoin de chercher bien loin. Non, elle n’avait même pas cherché…&nbsp;! C’est un fait du hasard si elle était tombée
    sur un papier chiffonné dans la corbeille près de l’ordinateur de David, à peine enfoui sous quelques vieilles publicités sans importance. Elle était là, la preuve, Monsieur l’enquêteur&nbsp;! Le
    prospectus d’une offre de séjour pour le parc. Elle le pensait bon flic, mais il ferait sans doute un mauvais voyou, à laisser toutes ces traces derrière lui. En plus, ce n’était qu’une offre
    spéciale. Diane ne valait pas plus qu’une promotion&nbsp;: toute la finesse des hommes illustrée et résumée en quelques mots. Bon, elle avait dit qu’elle ne conserverait que le positif. Mais
    c’était vraiment faire contre mauvaise fortune, bon cœur. Et dire qu’il ne lui en coûtait rien eût été mal la connaître. Pour autant, elle le savait, c’était tellement prévisible. Il suffisait
    qu’elle se souvienne de la difficulté qu’elle avait eue à convaincre son mari de quitter la Bac.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Lui et ses
    copains se la jouaient toujours grands aventuriers, guerriers en milieu hostile, au sein de cette satanée jungle urbaine. Et dès qu’on lui proposait de sortir des sentiers battus, de partir au
    débotté, d’aller vers l’imprévu, il n’en fallait guère plus pour le déstabiliser. Alors entreprendre le grand voyage et s’éloigner en même temps, de toutes ses habitudes et de son univers
    familier, ce fut un peu comme lui arracher le cœur. Elle voulait bien croire que cela lui avait coûté énormément de partir pour l’inconnu. Mais il était tellement trouillard parfois, qu’être muté
    à dix kilomètres de son port d’attache aurait assurément produit le même effet. De là à considérer cette sortie pour Poitiers un peu minable, comme un exploit digne du grand Hercule, il ne
    fallait pas exagérer&nbsp;! Tout cela justifiait bien qu’elle lui en veuille un peu. Promis, après cette dernière nuit de boulot, elle ne reviendrait que bardée de bonnes intentions&nbsp;! Pour
    l’heure, en finissant de s’habiller, elle continuait à bougonner. Intérieurement au moins. David n’en saurait rien.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Elle
    retrouva son homme, qui décompressait un moment devant le journal de 20 heures, en sirotant un verre de Chardonnay au son des dernières nouvelles. Le repas était prêt, la table mise. Après ce
    petit moment qu’ils partageraient ensemble, Diane partirait au boulot pour sa dernière nuit, et David se détendrait avant de finir lui sa permanence demain dimanche. Elle regardait son homme, qui
    ne l’avait pas entendue approcher. Son crâne rasé de près luisait aux derniers éclats d’un soleil descendant. Elle le trouvait quand même beaucoup plus calme et disponible depuis leur arrivée sur
    la région. Peut-être finalement y avait-il trouvé un bénéfice. Peut-être s’était-il fait une raison, s’en était-il accommodé&nbsp;? C’était peut-être une bonne idée pour leur vie, sûrement un
    bienfait pour leur couple. Si elle n’avait jamais douté de ses propres sentiments, elle avait pourtant clairement ressenti qu’il lui fallait autre chose pour retrouver son besoin de fonder une
    famille, son envie d’avoir un enfant de cet homme. Malgré sa constitution robuste et protectrice, elle voyait, avec tendresse, son mari comme une petite chose fragile. Tout était bien confus dans
    l’esprit de Diane en ce moment, du moins dans ses idées. Mais son cœur lui réclamait ce bébé, qui concrétiserait leurs douze années de vie commune et cimenterait définitivement leur union. Le
    véritable nouveau départ, pas celui de la mutation, celui de leur seconde vie.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Le repas
    fut vite expédié&nbsp;; Diane et David préféraient ne pas perdre trop de temps à table et pouvoir passer quelques doux moments l’un contre l’autre sur le canapé à discuter, à refaire le monde. Ce
    genre de coutume du couple, ils ne l’avaient mis en place que depuis leur installation dans cette nouvelle maison. Ils s’étaient tout de suite sentis chez eux, rattachés à elle par un lien
    invisible. Ils avaient eu cette impression que leurs appartements précédents en région parisienne n’avaient jamais été que des logements de fonction. En secret, ils avaient tous les deux inauguré
    chaque pièce de leur nouveau chez eux, leur premier «&nbsp;chez nous&nbsp;». Ainsi avaient-ils peu à peu créé de nouveaux rites communs au couple, et d’autres plus personnels répondant eux, aux
    attentes de chacun des deux. Elle avait ses créneaux de lecture qui, pendant des heures parfois, la plongeaient dans des univers inconnus, lui permettaient de parcourir des histoires lui
    appartenant ainsi l’espace de quelques jours, lui apportant l’évasion tout simplement. David préférait fuir le quotidien par le sport, quel qu’il soit d’ailleurs. Qu’importe la discipline, à
    condition qu’elle lui permette de suer et d’évacuer le surplus d’énergie qu’il se devait de canaliser. Cette pratique lui donnait l’occasion de compenser cet emploi sédentaire n’offrant plus
    d’exutoire à ses besoins d’adrénaline, comme auparavant à la Bac. À côté de ses moments personnels, ils se ménageaient des créneaux communs, pour une sortie, une toile, un repas extérieur en
    amoureux. Cet équilibre semblait leur convenir et n’était en rien semblable à leur vie d’avant. Et puis, il y avait ces longues discussions&nbsp;: Diane s’allongeait sur le canapé, posait sa tête
    sur les genoux de David. Elle lui tenait la main sur son sein, et il promenait l’autre dans ses longs cheveux cuivrés et soyeux. Et là, parfois pendant des heures, ils parlaient de n'importe quoi
    — car aucun sujet n’était interdit dans ces moments-là —. Ou ils ne parlaient pas s’ils n’en ressentaient pas le besoin. Ils pouvaient regarder la télévision aussi, se laisser bercer par quelque
    morceau de musique ou doucement fermer les yeux, même s’endormir ainsi.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Ce soir,
    ils ne s’endormiraient pas ensemble. Ils profitèrent donc de ces derniers moments de détente avant son départ. Elle le questionna un peu sur les affaires en cours, davantage pour connaître son
    ressenti dans ses nouvelles fonctions que pour avoir des nouvelles de la délinquance rochelaise. Du reste, elle aussi, dans son métier d’infirmière côtoyait ceux-là qui se battaient
    régulièrement, ceux qui buvaient habituellement plus que de raison, ou encore ceux qui se fourraient tout ce qu’ils trouvaient dans le nez, ou ailleurs, et qui fournissaient les meilleures
    anecdotes qu’on s’échangeait à l’hôpital au moment de la pause, entre deux portes. David lui confia qu’il ressentait un certain plaisir avec cette nouvelle carrière dans laquelle la mutation
    l’avait poussé. C’était loin d’être désagréable et surtout il avait découvert une autre façon d’accomplir son devoir de flic que dans la rue à «&nbsp;chasser&nbsp;». Il n’imaginait pas à cette
    époque qu’on puisse faire ce travail autrement. Pour lui, tous ceux des bureaux n’étaient que des feignants et des peureux. Si dans ce canapé on pouvait tout dire, il tut pourtant qu’il faisait
    partie de la deuxième catégorie&nbsp;: il voulait qu’elle continuât à le voir comme un vrai mec, fort et courageux, pour qu’il continuât à se voir à travers ses yeux à elle. Il avait besoin
    qu’elle lui renvoie cette image de lui, qui le rassurait. Surtout quand lui n’y croyait pratiquement plus.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Elle se
    leva. Il était temps pour elle d’aller retrouver ses patients, son hôpital et cette garde de nuit.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Une
    demi-heure plus tard, elle rangeait sa voiture sur le parking du personnel. Dans les vestiaires, elle se changea mécaniquement, elle faisait ce job depuis quatorze années. Pas un moment elle
    n’avait voulu changer, elle considérait sa tâche comme une vocation. C’est ainsi qu’elle comprenait aussi le travail de David, et cette ressemblance leur permettait à tous les deux d’accepter les
    contraintes du métier de l’autre. Et il y avait des moments qu’elle n’échangerait pour rien au monde. L’un d’eux fut la rencontre avec son homme, lorsque travaillant de nuit à l’hôpital de
    Montreuil, son premier poste, elle l’avait vu arriver aux urgences. Il emmenait un délinquant aux consultations avec ses collègues du commissariat. Pourtant, les anciennes lui avaient dit de ne
    pas regarder les flics. Les policiers rendent les infirmières malheureuses, c’était quasiment un proverbe au sein des personnels de santé. Il y avait bien quelques exemples parmi les copines de
    l’hôpital, de couples infirmières — policier, et toutes ne semblaient pas avoir à s’en plaindre. En même temps, Diane ne cherchait pas à se caser, elle avait à peine vingt ans à l’époque. Mais ce
    garçon était mignon et semblait si gentil. Finalement, après tout ce temps, leur couple tenait bon et ce n’était déjà pas si mal d’avoir vécu ces années de bonheur ensemble.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">En
    remontant vers les urgences, les bruits et les odeurs redevenaient familiers à Diane. Face au bas flanc, la porte des urgences était maintenue en position ouverte pour faire entrer l’air frais.
    Sur les sièges de l’entrée, gisait en effet un clochard qui n’avait pas vu de douche depuis Noël sans doute. Pourtant ce n’était pas le plus grave. Une infirmière d’une cinquantaine d’années
    hurlait à ses côtés en regardant désespérément ses sabots qui étaient blancs, avant le drame. Surtout avant que Marcel, le SDF ne régurgite le contenu aviné de son estomac, juste au moment où
    elle passait.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Bonsoir
    Claudia, j’aime beaucoup la couleur de tes nouveaux sabots, par contre l’odeur pas terrible…</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Salut
    Diane, beaucoup d’humour, j’adore&nbsp;! Ça tombe bien j’ai fini mon boulot et c’est toi qui reprends. J’te laisse Marcel si tu veux teindre les tiens, de sabots.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Dans ce
    genre de contexte, il fallait effectivement disposer d’une bonne dose d’humour et de patience, pour faire face aux situations les plus imprévisibles, auxquelles le personnel hospitalier était
    confronté quotidiennement.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Le reste
    de la nuit fut plus calme, et la garde presque ennuyeuse finalement. Il y eut bien plusieurs conséquences d’accidents domestiques à gérer jusque tard dans la soirée, mais cela faisait passer le
    temps. Ensuite, les soins des patients prirent la relève. Et un traintrain plus habituel put reprendre normalement ses droits. La garde de nuit était toujours longue malgré tout et Diane n’y
    voyait là qu’un moyen de gagner plus d’argent. Elle avait saisi surtout une opportunité plus rapide de faire évoluer sa carrière, en devenant chef des infirmières du service de
    nuit.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style=
    "font-size: 12pt;">&nbsp;</span></span><span style=
    "font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">En rentrant dimanche,
    au petit matin, elle avait réveillé David. C’était convenu entre eux. Ainsi, ils pouvaient partager le petit-déjeuner, avant qu’il ne parte à sa perm' et qu’elle ne se jette dans le lit encore
    chaud du corps de son homme. Il l’avait laissée là pour se rendre au commissariat. Elle s’était donc couchée vers 8 heures ce matin, fatiguée, plus que ça, exténuée. Pourtant, elle n’avait pas
    trouvé le sommeil de suite, la pression devait redescendre. Celui qui travaille avec des horaires de bureaux dits normaux ne subit pas ce genre de contraintes. À force, les nuiteux n’avaient plus
    le même fonctionnement. La physiologie était profondément bousculée par ce rythme de travail particulier. Le médecin de famille que le couple consultait à Paris leur avait bien dit que l’être
    humain n’est pas fait pour travailler dans ces conditions. Le corps ne supporte ce genre de cycle que par obligation et il le fait payer tôt ou tard. En tout cas, pour le moment, Diane se fichait
    bien de savoir si la physiologie avait quelque chose à voir avec le fait que le sommeil la boudât ce matin-là. Elle voulait juste dormir.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Quand elle
    se réveilla, il était déjà 16 heures. Ce n’était pas prévu, mais finalement, pour cette femme qui dormait habituellement peu, c’était plus que nécessaire, puisqu’après un départ hésitant, elle
    avait pu assouvir son déficit de sommeil d’une traite et somme toute de manière réparatrice. Elle se leva doucement, prit son café sur la terrasse pour profiter du soleil délicieusement présent
    en cette belle journée. Et alors qu’elle ménageait prudemment ses efforts, elle remarqua ce livre qui l’avait attirée et provoqué l’un de ses achats compulsifs. C’est ainsi qu’elle nommait ces
    coups de cœur la jetant sur des œuvres littéraires aussi diverses que variées. Là, elle n’avait pris aucun risque en se laissant guider vers le dernier roman de Fred Vargas. C’était bien entendu
    du cousu main, le libraire l’avait d’ailleurs rassurée à ce sujet.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Avec
    elle, pas d’erreur Diane&nbsp;! Vous aimez les bons policiers&nbsp;: vous prendrez plaisir à dévorer celui-ci. Je vous laisse seule juge pour savoir s’il mérite d’accéder à votre top dix. Après
    tout, le reste est affaire de goût.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Un tel
    libraire finissait par faire partie de sa propre vie. Cela s’expliquait par le fait qu’elle était une lectrice acharnée et surtout une insatiable consommatrice d’ouvrages. Il ne voulait pas
    décevoir une amatrice dans son genre, il ne pouvait pas le faire d’ailleurs, ne serait-ce que par éthique.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Elle avait
    ainsi plongé dans son roman, pour n’en plus ressortir qu’à l’instant. David allait bientôt rentrer et elle avait négligé tous ses devoirs. Bien sûr qu’elle n’était pas une femme soumise. Par
    contre, elle mettait un point d’honneur à préparer des petits plats pour David, et elle aimait avoir des petites attentions pour lui. C’était son sens du couple, cela faisait partie de ses
    valeurs.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Et ce
    soir, rien n’est fait. David ne lui en voudra pas. Mais ça l’agace. Elle saute de sa méridienne et se lance aussitôt à l’assaut du réfrigérateur pour dénicher quelque plat à composer à la hâte.
    Elle repensera plus tard à ce roman bien ficelé qui lui a fait oublier heure et devoir. Elle garde toujours cette citation en mémoire. «&nbsp;Un livre a toujours deux auteurs&nbsp;: celui qui
    l’écrit, et celui qui le lit&nbsp;». Elle réécrira son roman à elle plus tard.</span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 19 Jul 2011 19:00:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">621e9950a932182c1e2d991672435f9f</guid>
                <category>Puzzle Macabre</category>        <comments>http://www.plumedanslecoeur.com/article-puzzle-macabre-chapitre-3-79788644-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Puzzle Macabre - Chapitre 2]]></title>
        <link>http://www.plumedanslecoeur.com/article-puzzle-macabre-chapitre-2-79788358.html</link>        <description><![CDATA[<div style="margin: 0cm 0cm 10pt; text-align: center;"></div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 10pt; text-align: center;">
    <strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; font-size: 16pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt;">2</span></strong>
  </div>
  <div>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp;
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    L<span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">a porte
    de la maison est entrouverte. Il s’agit d’un joli pavillon de plain-pied. Bien que faisant partie d’un lotissement aux constructions toutes similaires, celui-ci sort du lot, mis en valeur par le
    fleurissement tout particulier de son jardin et le soin apporté à l’aménagement paysager. Les propriétaires des lieux ont veillé au moindre détail, à la richesse de la touche personnelle en
    quelque sorte, dans le bon sens du terme. David a vite appris son boulot. Même si son enseignement est tout frais, c’est avant tout l’expérience transmise par les anciens de son service qui
    parle. Avant tout, figer la scène dans son ensemble. Repérer et enregistrer un maximum de détails qui pourraient avoir une importance par la suite. Tout compte.</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Il pousse
    la porte. Le petit accueil dessert immédiatement sur la droite une grande salle. À gauche, une porte vitrée trahit par son entrebâillement la présence d’une cuisine moderne aux couleurs rouge et
    noire et à l’agencement de qualité. Face à l’enquêteur s’ouvre un séjour double aux meubles cossus, sans être tape-à-l’œil. La pièce est baignée de lumière. Devant David se trouve un canapé de
    cuir blanc, dans lequel une femme lui tourne le dos. Elle est assise là sans un mouvement. C’est une blonde platine portant un carré ébouriffé. Vu l’air défait du policier face à la dame, il en
    déduit que c’est la victime. Alors qu’il contourne le divan, il la voit figée dans le temps, dans une posture presque alanguie, les bras sont tendus de part et d’autre sur le dossier du canapé,
    l’une de ses jambes est repliée sous ses fesses. Son autre jambe pend dans le vide, son pied nu touchant à peine le sol de la pointe. Elle porte un chemisier cintré blanc décolleté et une jupe
    noire, plissée et savamment disposée en corolle, légèrement relevée sur ses cuisses blanches. Elle pose ainsi, dans une attitude presque parfaite. Sans doute trop&nbsp;! David découvre enfin son
    visage et constate qu’elle porte un rictus horrible qui la défigure. Ses yeux probablement d’un magnifique bleu avant aujourd’hui, sont grands ouverts et affichent un effroi indescriptible&nbsp;;
    de nombreux vaisseaux sanguins ont éclaté, finissant sur les joues en larmes de sang. Le regard est définitivement fixe. La peau de cette femme d’une trentaine d’années est, sur les parties
    visibles de son corps, bras et jambes, d’une blancheur laiteuse et parsemée de taches de rousseur qui soulignent son teint diaphane. À l’inverse, la tête elle, semble être gorgée de sang à en
    juger par la couleur empourprée de son visage. L’expression de celui-ci n’est plus qu’une immonde grimace violine, comme une sorte de masque vénitien maléfique de carnaval. Cette vision est d’une
    violence incroyable&nbsp;: la bouche de la jeune femme est restée ouverte comme si elle cherchait à crier et ses traits sont tirés jusqu’au point de rupture. Elle porte au cou une fine écharpe de
    soie noire serrée à l’extrême, semblant être l’arme du crime. Elle marque la strangulation dont la victime a fait l’objet, décrivant un cercle noir sur la peau, frontière entre le corps et la
    tête, la pâleur et le pourpre. À la jonction de cette ligne se noue le paradoxe qui se lit sur son cadavre&nbsp;: le corps inerte affichant un calme et une disposition savamment orchestrée et le
    visage représentant l’horreur absolue, une représentation de la douleur que l’esprit humain ne parvient même pas à imaginer. La femme se trouve maintenant face à David, et à mesure qu’il la
    découvre, il s’immobilise devant elle.</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Après
    quelques minutes paraissant interminables, il parvient enfin à décrocher son regard de la scène monstrueuse. Il poursuit l’examen de la pièce sans toutefois parvenir à tourner le dos à cette
    pauvre femme morte. Pour ce faire, machinalement, il rebrousse chemin pour revenir derrière le canapé, comme un <em>travelling</em> arrière. Au milieu du salon cathédral s’élève une cheminée
    monumentale moderne, suspendue au plafond. Plus au fond de la pièce, enfin, côté jardin, juste devant une baie vitrée d’une longueur sans fin, le brigadier-chef Toulon se tient à la droite d’un
    homme menotté dans le dos. L’homme anormalement «&nbsp;banal&nbsp;» est posé droit dans un fauteuil assorti au canapé. Il n’a pas le physique d’un tueur, si tant est qu’on puisse déterminer une
    morphologie propre aux tueurs. Il est vêtu d’un costume bien taillé, sobre et sombre, sur une chemise grise ouverte. Des chaussures de marque trahissent le goût de l’homme pour les belles choses.
    En revenant à la situation globale, si l’on parvient à faire abstraction du visage de la femme, on peut imaginer les deux personnes partageant un verre et une discussion amicale. La scène de
    crime, s’agissant de l'endroit où se sont déroulés les faits, ne présente que peu d’éléments visibles. Aucune trace de lutte par exemple.</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Grégory
    Toulon, anéanti, fait directement face à la victime. Il reste là, stoïque, son regard professionnel seul bouge et se transforme. Ses yeux se déplacent de David, lui laissant mesurer la vive
    émotion à laquelle le policier est en proie, jusqu’à cet individu sur lequel ils maintiennent une surveillance sans relâche. Du moins tentent-ils d’en donner l’apparence. Pourtant le menotté ne
    bouge pas d’un cil.</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">C’est dans
    ce décor de statues de marbre que l’officier de police judiciaire se retrouve projeté pour sa première véritable enquête criminelle. Il se raccroche faute de mieux au regard du policier en tenue,
    dans ce silence pesant et froid. Le soleil continue de darder ses rayons à travers la verrière. Même celui-là a cessé de croire qu’il parviendra à réchauffer l’atmosphère. L’image qu’a Podzi de
    cette scène est celle de l’antichambre de la mort&nbsp;: cette lumière au bout du tunnel, maintes fois décrite par les «&nbsp;chanceux&nbsp;» qui sont revenus d’une E.M.I., une expérience de mort
    imminente. C’est ainsi qu’il s’imagine le passage raconté par les ouvrages de référence. La pièce inondée d’une lumière quasi aveuglante, les êtres figés dans l’espace et dans le temps, et la
    froideur de la pièce tout entière créent cette vision, le mobilier moderne et blanc amplifiant plus encore le décor froidement angélique. Mais, pas de sensation d’amour intense dans cette pièce.
    Et s’il est un ange en ces lieux, définitivement il s’agit de l’ange de la mort. Celui qui s’affiche de manière indélébile sur le visage de l’infortunée.</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Personne
    ne semble capable de rompre le silence. Personne ne l’ose. David se lance enfin, il le doit.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">—
    Qu’est-il arrivé ici&nbsp;? C’est quoi cette histoire&nbsp;?</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— J’ai
    encore du mal à tout remettre dans l’ordre, Podzi… on est appelé pour une personne morte… et le requérant c’est le tueur… c’est lui qui nous a ouvert. Mais, c’est tout…</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— OK, pour
    l’instant Greg, il ne s’agit que du mis en cause, prononce David en cherchant maladroitement à mettre ses cours en pratique. La situation ne s’y prête pourtant pas.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Euh,
    comment ça, «&nbsp;c’est tout&nbsp;»&nbsp;?</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Il a
    avoué que c’était lui qui avait tué la dame, en l’étranglant, après il s’est laissé interpeller… et depuis on t’attend… je ne savais pas quoi faire à part garder tout en l’état. On n’a rien
    touché&nbsp;!</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Plus bas,
    pour qu’«&nbsp;il&nbsp;» n’entende pas&nbsp;:</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Je n’ai
    même pas osé lui parler. J’suis désolé…, je ne savais pas…, enfin c’est la première… souffla Grégory dans un murmure angoissé.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Et lui,
    comment explique-t-il tout ceci ?</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Je dis
    que c’est moi qui l’ai tuée, ne faites pas comme si je n’existais pas. Je ne suis peut-être qu’un cauchemar pour vous, j’en conviens, mais posez-moi directement vos questions&nbsp;! Je n’ai
    aucune intention de vous mener en bateau. Il n’y a pas de piège. Je suis un tueur, je vous l’accorde, mais pas un menteur.</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Les deux
    policiers s’immobilisent, encore plus. L’individu a déchiré l’air pesant, d’un seul coup. Le duo de flics est cueilli à froid&nbsp;; il ne le devrait pas. En admettant qu’on puisse encore
    franchir un palier dans le négatif, dans cette atmosphère déjà glaciale. David, tentant de cacher son désarroi, reprend maladroitement la parole pour essayer de comprendre.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Bon…
    alors vous, vous êtes qui au juste&nbsp;?</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Garnier,
    Maxime Garnier, technico-commercial, représentant en spiritueux en général, en champagne en particulier et tueur pour l’occasion. Derrière vous madame Granbois, feue Marlène, une femme que j’ai
    beaucoup aimée, mais on verra ça plus tard, si vous le voulez bien Monsieur. On va avoir le temps.</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style=
    "font-size: 12pt;">Brusquement, le tueur prend les rênes. David ne semble pas se rendre compte de la tournure nouvelle et surprenante que prennent les évènements. Il est trop occupé à perdre
    doucement le contrôle. Dans son cerveau embué, il essaye d’ordonner son plan d’action&nbsp;: quelles sont les mesures à prendre&nbsp;? Qui peut venir le seconder&nbsp;? Doit-il aviser le parquet
    avant tout&nbsp;?</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Le
    contraste est saisissant à qui aurait pu le voir, entre les interrogations qui malmènent le cerveau de l’enquêteur, et l’absence de tout mouvement sur cette scène de crime trop
    ordonnée.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Retournant
    vers le hall, l’officier de police judiciaire hèle l’équipier de la police secours resté à l’extérieur du pavillon. Le médecin est déjà sur la route, selon le gardien de la paix, afin de venir
    constater le décès. Ce qui pour tous ceux qui sont sur place ne fait plus aucun doute. L’enquêteur croise à nouveau le regard médusé de l’adjoint de sécurité présent à la porte d’entrée. Celui-ci
    n’a pas bougé, toujours traumatisé. Maintenant, David est en mesure de comprendre l’état du jeune homme.</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Je vais
    appeler la BT, pour les constat', poursuit David, pensant à voix haute en revenant vers le salon. Il sort provisoirement de ses réflexions, comme si rien de très inhabituel ne venait de se
    produire.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Pas la
    peine, persiste l’homme menotté, d’abord je vous dirai tout ce que vous voulez savoir&nbsp;; ensuite, la Base Technique ne trouvera rien de plus… il n’y a rien à trouver&nbsp;!</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">L’Officier
    de police judiciaire ne réagit même pas au décodage inattendu du jargon policier, de la part de cet homme, qui continue d’afficher un calme absolu.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">—
    Expliquez-vous Garnier, si tant est que ce soit votre vrai nom.</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">David
    remonte en selle, réalisant enfin que le début lui a «&nbsp;légèrement&nbsp;» échappé. Mais sans attendre de réponse, il interpelle le gardien de la paix qui entre à nouveau dans le pavillon, lui
    donnant les consignes quant aux collègues de l’Identité Judiciaire. Cette fois-ci, il y a urgence, lui précise-t-il avant que le gardien ne ressorte.</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Maxime
    reprend, parlant plus doucement encore que lors de ses précédentes interventions. Il donne l’impression, non, il sait gérer un entretien. Il diminue le ton pour capter l’attention de son
    auditoire de fortune&nbsp;: une morte et deux flics sur la brèche.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Je ne
    vais pas vous apprendre votre travail, je ne vous ferais pas cette offense. Je n’ai touché à rien dans la maison. De plus, je n’ai pas de dermatoglyphe… d’empreinte digitale si vous préférez,
    anomalie génétique.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Pour
    Marlène, je vous résume notre entrevue&nbsp;: c’est elle qui m’a invité à entrer, son mari est en voyage d’affaires et ne reviendra pas avant la semaine prochaine. Sa fille Manon a 6 ans, et se
    trouve chez sa grand-mère maternelle pour le week-end. Vraisemblablement, elle ne pourra pas la récupérer ce soir.</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Il parle
    avec un ton calme et posé, comme s’il racontait une histoire à un enfant. Certes, il ne fait qu’énoncer la problématique, mais ses termes sont dénués de toute émotion. En somme rien de narquois
    ou de rabaissant dans ses propos. David reste troublé par l’intelligence, le flegme, tout le comportement en fait de ce criminel plus que présumé, face à l’horreur qui s’affiche encore et
    toujours sur le visage de sa victime. En fait, c’est la situation tout entière qui est inhabituelle et totalement incongrue. Il énonce des faits qui le dépeignent en tueur froid, pourtant, il
    montre un certain respect pour son interlocuteur. Dans une certaine mesure.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Il finit
    son propos&nbsp;:</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Elle
    porte sur ses lèvres les traces de notre dernier baiser, et sur son corps celles de notre dernière étreinte. Malgré l’expression de son visage, elle ne s’est pas rebellée quand je l’ai étranglée.
    J’ai eu l’impression qu’elle ne voulait pas lutter, comme si elle était résignée. Certes, ce fut violent, mais elle n’a même pas eu de geste défensif, voyez ses mains&nbsp;!</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Vous
    n’allez pas me dire qu’elle est restée sagement assise pendant que vous l’étrangliez quand même&nbsp;? Lance David dans un mouvement d’agacement. Le ton monocorde du tueur le désarçonne et finit
    par l’exaspérer.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Non,
    bien sûr, je ne voulais pas vous raconter tout maintenant, mais vous avez raison&nbsp;: nous avons fait l’amour, un peu bestialement juste après mon arrivée. Sans doute une envie irrépressible.
    Et sans entrer dans les détails, j’ai empoigné l’écharpe que Marlène portait à son cou et j’ai serré au moment où je l’ai sentie prête à jouir. Il paraît que les orgasmes que l’on atteint dans
    ces conditions sont dévastateurs, pour les femmes en tout cas.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Mais je
    n’ai lâché prise que quand son esprit a quitté son corps. Ce n’était pas un accident, je suis venu pour la tuer.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Il
    poursuit toujours sur le même ton.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Après
    j’ai rajusté ses vêtements et c’est moi qui l’ai installée dans cette position sur le canapé. Je trouve qu’elle a plus de dignité ainsi, conclut-il. Maintenant, je vous laisse travailler en paix,
    nous parlerons de tout cela plus tard.</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">David se
    demande si finalement il avait besoin de tous ces détails à ce moment-là. Comment peut-on vouloir redonner de la «&nbsp;dignité&nbsp;» à une femme que l’on étrangle&nbsp;? Et surtout suffit-il de
    la rhabiller et de l’installer sur un divan&nbsp;?</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Durant
    toute la discussion, le chef Toulon abattu par les dernières phrases du tueur est resté là, planté aux côtés de l’homme. David porte à nouveau son regard sur lui. Grégory a en quelque sorte
    maintenu sa garde, par habitude. Mais son emprise, bien qu’inutile en l’espèce, n’est plus que posturale. Il est posé à la droite de Maxime, ou plutôt l’individu reste calmement en compagnie du
    policier en tenue. Quelque part, l’enquêteur est soulagé que les choses se passent «&nbsp;si bien&nbsp;». Lui comme l’autre, reconnaît-il intérieurement, est dépassé par les faits, et
    malheureusement surpassé par leur auteur.</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">L’OPJ
    reprend courageusement le fil des évènements. Il se regonfle mentalement avant d’ouvrir la bouche.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Greg, je
    vais te laisser ici en attente de la base technique&nbsp;: qu’ils quadrillent la scène de crime&nbsp;! J’appelle le proc', après je l’emmène pour commencer la procédure. Tu m’appelles dès que tu
    es de retour au service.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">L’équipier
    du brigadier-chef entre à nouveau dans le pavillon. Les techniciens scientifiques arrivent d’ici un quart d’heure, et le funérarium est avisé. Il ajoute en effet qu’il a pris les devants pour le
    transport du corps&nbsp;: le médecin vient de se garer devant le pavillon. Le gardien de la paix lui, a refusé de rester dans le salon, une fois l’interpellation de Garnier faite. Il ne tenait
    pas à regarder la femme. Certains policiers ne s’habituent pas à la mort, ni aux cadavres.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Le
    toubib va constater officiellement le décès, pour ma part, je n’attends pas vraiment de confirmation.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Et
    s’adressant toujours au «&nbsp;planton&nbsp;» Greg près du mis en cause&nbsp;:</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Que les
    techniciens n’hésitent pas à tout photographier, sous tous les angles&nbsp;!</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Il sort du
    pavillon, laissant les deux policiers en faction avec Garnier dans le salon. L’appel initial a conduit l’équipage sur les lieux depuis pratiquement une heure. Il est grandement temps d’aviser le
    parquet. Le brigadier compose le numéro de la permanence en s’armant de tout le courage dont il dispose. Ce n’est pas la première fois qu’il appelle le procureur, par contre pour une telle
    affaire, si.</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style=
    "font-size: 12pt;">&nbsp;</span></span><span style=
    "font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Monsieur le
    substitut mes respects, brigadier Pozzuoli.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Bonjour
    brigadier, que puis-je pour vous en cette fin de dimanche&nbsp;? Un peu plus et j’échappais à cette dernière affaire. Mais je suis là, alors envoyez, je vous écoute&nbsp;!</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Voilà
    Monsieur, je vous avise d’une intervention en cours, au 39, rue Château Renard sur la commune de Périgny. Sur place, nous sommes en présence d’un individu qui a appelé la Police afin de se
    livrer.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— À la
    bonne heure, à Périgny&nbsp;? Il a brûlé un feu et veut se constituer prisonnier, c’est vrai que c’est de la grande délinquance dans ce secteur…</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— En fait,
    il a tué une mère de famille en l’étranglant, après avoir fait l’amour avec elle. Puis il nous a attendus sur place. Le médecin arrive seulement, mais il n’y a aucun doute sur la mort, ni a
    priori sur les causes. La femme est sur un canapé et porte des traces importantes au niveau du cou… et je n’ai jamais vu un visage aussi marqué que le sien. Elle porte le masque de la mort. Je ne
    sais pas quoi vous dire d’autre.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">—… ah… et
    l’auteur, qui est-il&nbsp;?</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">David
    raccroche son portable cinq minutes plus tard. Le substitut est aussi déstabilisé que lui. Du moins, c’est l’impression qu’il lui a donnée, sans chercher à se cacher derrière une quelconque
    supériorité, due à son rang. Cela rassure l’OPJ finalement de savoir qu’il n’est plus seul dans cette galère. À Paris, régulièrement, on intervenait pour des cadavres. Une fois par semaine aux
    bas mots, les faits divers révélaient un homicide. Mais ici, depuis son affectation à la BSU, il y a un an déjà, il n’avait entendu parler que de trois cas, sans en détailler le manque d’intérêt
    pour un enquêteur, par respect pour les défunts. C’était bien souvent des règlements de compte après boire qui se terminaient ainsi. Rien à voir de près ou de loin avec cette femme défigurée par
    la douleur. Et encore, le substitut n’avait pas eu le visuel de l’affaire…</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Pénétrant
    à nouveau dans le pavillon, le brigadier avise Grégory Toulon des suites de son appel. Le corps sera transporté à la chambre mortuaire du centre hospitalier, celui-là même, où travaille Diane. Le
    seul légiste du département se chargera de l’autopsie dès que possible. Selon le magistrat de permanence, l’antenne de Police Judiciaire de La Rochelle reste saisie. Du moins jusqu’à ce qu’elle
    ne le soit plus. Un dimanche soir, tout le monde ne ressent qu’une envie&nbsp;: attendre le lendemain qu’il fasse jour et surtout que la semaine reprenne. Selon un dicton très policier, il y a
    urgence… à attendre. M.&nbsp;Marfaux le substitut ne rechignait pas à adopter cet adage. Surtout aujourd’hui. Ce soir, David quittera le central et derrière lui, il laissera sa première enquête
    criminelle. Elle sera inscrite à l’ordre du jour du lundi, mais il ne risque pas de l’oublier.</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Il prend
    Maxime Garnier par le bras, le relève et pousse l’homme devant lui pour sortir du pavillon. JD, resté à l’extérieur pendant tout ce temps, sort aussitôt de la voiture pour les accueillir et
    s’empresse d’ouvrir la porte arrière de la Ford de service. L’individu prend place presque de lui-même dans le véhicule. David s’assoit derrière le chauffeur, un œil sur son trop docile coupable.
    Avant le départ de la maison, Grégory Toulon lui a remis la pièce d’identité de Garnier. C’est à peu près la seule action que le brigadier-chef a commise depuis le début de son intervention si
    inhabituelle. L’enquêteur regarde la carte, comme s’il tentait de la décoder. Il essaye de deviner qui est cet homme, de comprendre quels sont ses mobiles&nbsp;; pourquoi ce Maxime Garnier, homme
    de trente-quatre ans, voyageur de commerce, habitant à Noisy-le-Grand est-il venu tuer cette femme à Périgny dans de telles circonstances&nbsp;?</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Comment
    êtes-vous venu jusqu’ici Garnier&nbsp;?</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Ma
    voiture est garée devant le pavillon, vous voyez la Mégane grise&nbsp;? C’est la voiture de la société qui m’emploie, enfin qui m’employait, j’ai dans l’idée que mes chiffres des ventes vont
    prendre une claque ce mois-ci.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">David ne
    prête pas attention cette fois aux divagations cyniques de l’homme. Il se contente de tirer de sa poche de veston un trousseau de clés, et après lui avoir fait confirmer qu’il s’agit bien
    d’elles, sort rapidement du véhicule pour les porter au gardien de la paix, qui divague devant le pavillon en attendant la BT. Il lui donne ses instructions, puis revient à bord du véhicule de la
    sûreté. JD démarre.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Je ne
    comprends pas, finit-il par lâcher dans la voiture qui file vers l’hôtel de police. Qu’est-ce qui a bien pu vous amener à tuer cette femme, à cinq cents kilomètres de chez vous&nbsp;? C’était
    votre maîtresse ou quoi&nbsp;? Bizarre en-tout-cas, vous êtes tellement calme pour un criminel passionnel…</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Parfois,
    David donne presque l’impression de penser à voix haute. Maxime lève les yeux, fixe devant lui la route qui se déroule, et sans tourner la tête vers son interlocuteur&nbsp;:</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— La
    passion n’exclut pas la raison. En outre, elle n’était pas ma maîtresse, enfin, pas dans cette vie. C’était la première fois que je la revoyais. Tout ce que je pourrais vous dire, il me faudra
    vous le répéter pour l’audition. Voulez-vous vraiment qu’on aborde ces sujets maintenant&nbsp;? Vous savez, nous avons le temps, je n’ai plus rien de prévu pour les prochains jours.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Moi
    si&nbsp;!</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Cette
    fois, David retrouve sa combativité&nbsp;: à la Bac&nbsp;93, on ne laissait pas les délinquants prendre le dessus, jamais&nbsp;! Ce n’était pas dans ses habitudes, ça ne doit pas changer. Il ne
    fait plus partie du même service, mais il reste policier. Il est partie intégrante de ce rempart qui protège les honnêtes gens des dangers, et surtout de ceux qui les amènent. «&nbsp;Reprends-toi
    David, c’est fini tout ça, c’est toi qui diriges&nbsp;!&nbsp;»</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">—
    Maintenant, monsieur Garnier, on va reprendre tout dans le bon sens. Moi je suis là pour la saisine, puisque vous avez l’air de bien connaître les procédures, pour une raison que j’ignore
    d’ailleurs. En fait, mes collègues se chargeront d’élucider ce mystère et le reste.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Cela ne
    vous regarde pas, mais toute cette histoire va gentiment clôturer ma permanence. Je vous place en garde à vue à compter de 16&nbsp;h&nbsp;55, heure à laquelle vous avez été interpellé par les
    gars de la PS. Enfin, heure à laquelle vous vous êtes livré à eux, pour être plus exact. Le reste, on va le gérer au commissariat, pour le médecin et l’avis à famille. Ne vous inquiétez
    pas&nbsp;! tout sera fait dans l’ordre et dans le respect des procédures. Et si vous nous évitez les entourloupes, comme vous me l’avez dit tout à l’heure, nous pourrons sans doute gagner du
    temps.</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">David se
    sent mieux tout à coup. Il est assez fier de sa tirade. Il croit même un instant percevoir un petit frisson qui lui parcourt l’échine. C’était moins une, il avait vraiment cru perdre le contrôle
    depuis le début de cette affaire. Peut-être la fébrilité de son départ en vacances lui avait-elle un peu fait baisser la garde. Faiblesse à éviter par-dessus tout dans ce boulot&nbsp;; c’est
    comme laisser sentir sa peur à un animal.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">JD vient
    de franchir le dernier rond-point avant l’entrée dans La Rochelle. En bon conducteur du dimanche, un vieil homme coupe la route de la voiture de police. Le gyrophare, visiblement, ne représente
    en aucun cas une gêne à la circulation du vieux, qui probablement n’a rien vu. JD, obligé d’effectuer une manœuvre d’urgence, freine au dernier moment, non sans laisser échapper un juron de
    première catégorie. Les deux passagers à l'arrière sont projetés en avant malgré les ceintures. David repousse alors Garnier, après avoir retenu son corps dans un réflexe. L’homme est vulnérable
    avec les deux mains entravées dans le dos. Maxime salue le geste de l’enquêteur d’un geste de la tête, sans baisser le regard de la ligne d’horizon, ni même cligner des yeux. Un peu à la manière
    d’un combattant d’arts martiaux.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">—
    Monsieur, je respecterai les règles, n’ayez crainte&nbsp;! Mais à votre place, je ne prendrais pas trop d’engagements pour les jours à venir. Si cela semble déjà bouclé, il faut malgré tout ne
    pas se fier aux apparences.</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Le
    brigadier Pozzuoli sent à nouveau cette emprise latente, dans laquelle Garnier semble toujours évoluer. David déteste cela, mais ne répond pas. Le véhicule se gare enfin devant le central. JD
    coupe le contact et sort. Il contourne le véhicule pour reprendre en compte l’individu menotté, assis à l’arrière. Maxime tourne alors les yeux vers David pour la première fois depuis leur départ
    de Périgny.</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Il le fixe
    un court instant&nbsp;:</span></span>
  </div>
  <div style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Nous
    avons beaucoup à nous dire, David, beaucoup…</span></span>
  </div>
  <div style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style=
    "font-size: 12pt;">&nbsp;</span></span><span style=
    "font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">La portière s’ouvre et
    Garnier, sans rien ajouter, sort de l’habitacle avec le second policier.</span></span>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Tue, 19 Jul 2011 18:55:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">c18febdc38a57f29e55c4d602d175f3b</guid>
                <category>Puzzle Macabre</category>        <comments>http://www.plumedanslecoeur.com/article-puzzle-macabre-chapitre-2-79788358-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Puzzle Macabre - Chapitre 1]]></title>
        <link>http://www.plumedanslecoeur.com/article-puzzle-macabre-chapitre-1-79788041.html</link>        <description><![CDATA[<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: center; text-indent: 14.2pt;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: center; text-indent: 14.2pt;">
    <strong style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span style=
    "font-family: &quot;Garamond&quot;,&quot;serif&quot;; font-size: 24pt; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;">1</span></strong> &nbsp;&nbsp;
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: center; text-indent: 14.2pt;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: center; text-indent: 14.2pt;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    D<span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">imanche
    10 juin 2012&nbsp;: La Rochelle, 16&nbsp;h&nbsp;43, dans cet après-midi ensoleillé, cette dernière permanence judiciaire de David tire à sa fin. Elle aura été somme toute calme&nbsp;: une affaire
    de produits stupéfiants, des violences conjugales, et un vol à l’arraché, dont les collègues ont interpellé l’auteur. Même s’il ne se préoccupe actuellement que de ses vacances prochaines et de
    ce périple en Italie, qu’il a projeté d’accomplir avec sa femme, il n’a pas rechigné sur le fait de redoubler sa permanence du week-end précédent. D’abord pour rendre service à son collègue et
    ami de la Sûreté Urbaine, et puis parce qu’au-delà de son amitié pour celui-ci, il sait que c’est sa dernière astreinte avant le départ. Cela vaut sans doute ce sacrifice de quelques heures
    dominicales. De plus, Diane son épouse, était de garde à l’hôpital au sein duquel elle travaille en tant que chef des infirmières de nuit.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style=
    "font-size: 12pt;">&nbsp;</span></span><span style=
    "font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Ces vacances arrivent
    un peu comme un second voyage de noces. En fait, Diane et lui avaient eu tendance à s’éloigner ces derniers temps. Sans doute, y était-il pour beaucoup. Il avait secrètement pris sur lui
    d’accepter et surtout de reconnaître sa responsabilité&nbsp;: son travail l’avait beaucoup accaparé et lui s’était mollement laissé faire. Il avait eu à se battre pour autre chose. Il avait dû
    faire son trou dans cette nouvelle région, où il avait décidé de suivre sa femme pour sa carrière à elle.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Non, il ne
    regrette pas. La Rochelle est accueillante et les gens chaleureux. De plus, David est du genre passe-partout&nbsp;: il a la capacité de s’adapter à n’importe quoi en fait. Pour sa part, il n’a
    plus forcément de racines familiales à retrouver. Ceux qui restent de sa famille sont disséminés un peu partout, y compris au-delà des frontières. Les liens qui les rapprochent sont loin d’être
    au départ semblables à ceux que sa femme a su tisser et entretenir avec les siens, et puis avec le temps, ils se sont finalement dissipés. D’ailleurs, c’était l’une des autres justifications de
    cette mutation atlantique. En faisant ce bond provincial depuis l’Ile de France, ils gagnaient près de quatre cents kilomètres, se rapprochant par là même du berceau bordelais de la famille
    Léognan, nom de jeune fille de Diane.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">David
    Pozzuoli, comme son nom tend à l’indiquer, a des origines romaines. Bien que lointaines, celles-ci avaient orienté ses parents à choisir pour lui, l’italien comme seconde langue vivante.
    Pourtant, il n’avait jamais effectué ce fameux pèlerinage sur les terres de ses ancêtres, que le sang qui coule dans ses veines ne lui réclamait pas vraiment. Mais là, c’est différent. Et puis,
    il pourra ainsi joindre l’utile à l’agréable, mettre à l’épreuve son italien tout en profitant de cette villégiature thérapeutique.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">En effet,
    cette fois il avait décidé de faire oublier à sa moitié qu’il avait été lamentable, qu’il avait été en dessous de tout. Qu’il avait laissé filer leur mariage sans vraiment en prendre conscience.
    Peut-être avait-elle aussi sa part de responsabilités. Mais, ne pas assumer ses propres fautes n’apporterait rien, ne règlerait pas les dysfonctionnements de leur couple. David, en outre, avait
    décidé de ne plus accepter cet état de fait. Il se battrait. Pour ce faire, il avait pris les devants. Il voulait la surprendre. Réparer tous ces petits écueils qu’il avait implicitement tolérés,
    laissé se produire. Il acheta les billets, réserva les hôtels, prépara point par point les moindres détails de leur odyssée transalpine.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Là,
    rêvassant à son bureau, il imagine avec délectation, outre la surprise de son épouse, les images inoubliables qu’ils vont pouvoir amasser&nbsp;; tous ces bons souvenirs qui prendront sans nul
    doute la place des quelques mauvais ayant érodé leur union encore jeune.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Il n’y a
    pas non plus péril en la demeure, ce voyage sera simplement une cure de jouvence. Il l’a mûrement réfléchi, en a fignolé tous les détails. Pas de place pour une erreur. Et il n’y en aura aucune.
    David y a veillé, en passant tous ses moments libres entre voyagistes et offices du tourisme, afin de peaufiner la nouvelle lune de miel. Il imagine déjà quelques images d’un romantisme absolu,
    tirées d’un roman à l’eau de rose. La chevelure flamboyante de Diane renvoyant les lumières du coucher de soleil sur fond de lagune. Ou encore cette jolie femme aux cheveux blond cendré, drapée
    dans une toge, au pied du Colisée, dans une Rome antique. Bien entendu, il nierait avec une mâle assurance, y avoir même songé. Encore quelques heures de patience, et dès la permanence terminée,
    il n’aura plus qu’à se concentrer sur son départ, sur leur départ, prévu pour jeudi. Elle n’avait pas posé de questions, ne s’était pas même inquiétée de cette semaine de congés, que son homme
    l’avait forcée à poser. Finalement, il était tellement prévisible, qu’elle ne pouvait pas imaginer un instant qu’il l’étonnât. Mais, cette fois, cela va changer&nbsp;!</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style=
    "font-size: 12pt;">&nbsp;</span></span><span style=
    "font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">&nbsp;Ce midi, il
    avait déjeuné sur le vieux port, face à la mer, au Café des Deux Tours. C’est vraiment une belle journée aujourd’hui, pensait David. Il faisait bien d’en profiter. C’était toujours un moment
    agréable, nonobstant le panorama, vue imprenable et unique, où l’océan invariablement s’insinue entre les tours jusqu’à mourir dans le port. L’homme commence à avoir ses adresses, et même ses
    petites habitudes, dans des établissements qui voient déjà affluer les premiers vacanciers, principalement étrangers. La saison estivale française n’a pas encore tout à fait débuté à La Rochelle.
    Bientôt, des hordes de touristes envahiront les rues de la vieille ville pour en apprécier tout le cachet historique, pour le plus grand bonheur des chiropraticiens. On peut passer en effet, des
    heures en centre-ville à se vriller le cou afin de ne manquer aucun bas-relief, aucun fronton, aucune moulure. Pour le moment, la ville n’appartient encore qu’à ses Rochelais, mais pour combien
    de temps&nbsp;?</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style=
    "font-size: 12pt;">&nbsp;</span></span><span style=
    "font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Podzi&nbsp;! On a
    besoin de toi…</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Ce rappel
    à la réalité tire brusquement le rêveur de ses pensées. Il se remet rapidement dans le contexte. Officier de police judiciaire, il est «&nbsp;l’OPJ de permanence de week-end&nbsp;» comme on dit,
    et il lui reste encore quelques heures à assurer. Voilà, tout est en ordre, David peut reprendre le fil des évènements.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Qu’y
    a-t-il JD&nbsp;? J’espère que c’est important pour que tu me déranges en plein travail… lance-t-il, teintant ses propos d’une ironie apparente.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— David,
    cette fois c’est important, laisse tomber Jean-Daniel qui affiche un air grave. Un homicide à Périgny… et on tient le gars…</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Les
    collègues ont maintenu les lieux en l’état et t’ont gardé le tueur au frais, mais là ils ont vraiment besoin de toi.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Il est
    évident que même si David n’a sa qualification judiciaire que depuis peu, il commence à avoir une bonne expérience de l’investigation. Et là pas d’autre choix que de se rendre rapidement sur
    place, ne serait-ce que pour prêter main-forte aux policiers de terrain, qui se retrouvent avec «&nbsp;l’affaire du siècle&nbsp;» sur les bras. Il faut reconnaître que les homicides ne
    représentent pas la majorité des interventions Police Secours de La Rochelle. Pas de quoi en faire une routine. Pour tout dire, il s’agit du second homicide de l’année, le premier, à caractère
    involontaire, était le fait d’un chauffard ivre ayant perdu le contrôle de son véhicule. Là, ce n’est pas pareil, pas la même procédure. En douze ans de Paris, David n’avait pas eu une seule
    affaire similaire à gérer, du moins du côté de l’enquête. Lui à la base n’est qu’un flicard de terrain, un gars de la Bac, le flag, ça il sait le gérer, il connaît le métier. Mais là, c’est un
    baptême du feu pour le policier. Une opportunité s’était présentée à lui et l’avait conduit au sein de la Sûreté Urbaine de La Rochelle. En fait, il s’agissait surtout d’une place qui se libérait
    et d’aucun volontaire s’étant fait connaître pour le poste. C’était plutôt ça… et bien sûr le fait que Diane préfère savoir son homme dans un bureau, à l’abri, au lieu de craindre pour sa
    sécurité tous les jours. Elle avait d’ailleurs posé cette condition pour envisager plus sereinement une maternité future. Elle ne supportait pas l’idée d’être veuve à 35 ans avec un enfant en bas
    âge, et aucun papa pour l’élever. Qui l’en blâmerait&nbsp;?</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Déjà, bien
    avant que cette idée d’un grand départ ne germe en son cerveau, elle avait passé des nuits à trembler en attendant le retour de son homme, qui sillonnait le 9-3 à la «&nbsp;chasse au
    crâne&nbsp;», comme il disait. Elle, elle pleurait seule dans son lit, trop souvent, ne sachant jamais dans quel état il allait revenir, ou si seulement il rentrerait. Diane avait gardé cela
    secret, mais il s’agissait là de sa vraie motivation pour partir en province. Elle craignait que d’une manière ou d’une autre, ce «&nbsp;sale boulot&nbsp;» ne finisse par lui ravir son mari, le
    père de ses enfants à venir. Elle prétexta une place d’infirmière en chef, sorte de bond en avant pour sa carrière et contre toute attente, David accepta de partir. Trop facilement peut-être,
    sûrement à son cœur défendant, pensait-elle.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">David
    savait au fond de lui qu’il était usé, qu’il n’en pouvait plus, qu’il finissait par avoir peur en grenouillant le soir dans les cités de Seine-Saint-Denis. Dix ans au sein de la Bac
    Départementale avaient suffi. Mais, au rythme fatigant des interventions et de la violence quotidienne des délinquants et criminels, cela comptait pour bien plus. Finalement, il avait presque
    ressenti un soulagement quand Diane avait insisté pour partir en province. Elle lui fournissait une porte de sortie honorable, qui lui permettrait de ne pas craquer devant ses frères d’armes, de
    s’en aller honorablement, tout en préservant son ego de «&nbsp;baqueux&nbsp;». «&nbsp;Si vis pacem, para bellum&nbsp;», c’était leur credo au sein de la bac&nbsp;: Qui veut la paix, prépare la
    guerre, ils avaient accepté d’être le dernier rempart entre la société et ces meutes de voyous qui les défiaient chaque jour. Et David ne pouvait pas décemment flancher. Il n’en avait pas le
    droit. Alors il suivit sa femme à La Rochelle. Ça, ses copains pouvaient lui pardonner&nbsp;; cette peur qui devenait viscérale, personne ne l’aurait autorisée.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style=
    "font-size: 12pt;">Maintenant, tout ceci est derrière eux, ceci appartient au passé, un passé pas si lointain. Juste la page que l’on tourne quand on prend un nouveau départ.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style=
    "font-size: 12pt;">&nbsp;</span></span><span style=
    "font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Podzi, merde&nbsp;!
    À quoi tu penses&nbsp;? On t’attend…</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Le temps
    de tirer à lui son sac et David descend quatre à quatre les escaliers de l’Hôtel de Police. Sur le côté de la place de Verdun, Jean-Daniel — J.D. – est déjà dans la voiture, moteur tournant.
    L’enquêteur sait bien qu’il n’y a plus d’urgence, la victime ne reviendra pas à la vie et l’auteur est sous bonne garde. Pourtant, relent de la Bac&nbsp;93, à peine assis, David claque le
    gyrophare sur le toit de la Mondeo et enclenche le «&nbsp;deux tons&nbsp;». Le chauffeur instinctivement, tel un réflexe conditionné, démarre en faisant crisser les pneus. Le policier de la
    sûreté ne se projette pas encore sur la scène de crime, mais retrouve trop vite ses anciennes marques. Les vieilles habitudes ont la vie dure. À avoir changé de vie, il n’en est pas moins resté
    flic. L’équipage s’extirpe à vive allure du centre-ville pour récupérer la nationale qui les mènera jusque sur les lieux du crime.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Périgny,
    c’est l’ancienne zone industrielle de La Rochelle, qui est devenue depuis l’une des communes de l’agglomération. La Ford banalisée s’engouffre sur la route de Rochefort. La circulation n’est pas
    très dense aujourd’hui&nbsp;: seuls quelques conducteurs du dimanche gênent la progression du véhicule de police. Après avoir insulté copieusement l’un d’eux, JD laisse sur la gauche la route de
    Dompierre-sur-Mer. David reconnaît le secteur&nbsp;: Diane et lui ont emménagé dans un pavillon acheté entre Dompierre et Saint Rogatien, dans le fief de Rez. À leur arrivée dans la région, ils
    avaient eu de nombreuses occasions de visiter des logements, y compris à Périgny, commune excentrée de la grande ville.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Pour le
    coup, c’est un pavillon qui allait peut-être se libérer, certes dans des conditions scabreuses. À la sortie de la nationale, David coupe le deux tons et le «&nbsp;bleu&nbsp;». Pas la peine
    d’ameuter les foules. La situation prévoit d’être suffisamment difficile à gérer sans ajouter la présence de curieux. En effet, la petite ville est très calme en ce dimanche ensoleillé, et à leur
    arrivée sur place, seule la présence de la Police Secours dénote et attire l’attention dans ce secteur pavillonnaire. Le quartier dit «&nbsp;le Bourg&nbsp;» est loin de s’approcher de ce qu’on
    appelle les quartiers en Seine-Saint-Denis, là où le policier a appris son métier. Autres temps, autres mœurs. Pour l’occasion, autres temps, autres morts, voire, autres meurtres.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Rue
    Château Renard, un collègue en tenue attend l’enquêteur pour le guider vers le pavillon du 39. Il est blême, le visage presque sans expression. Le jeune adjoint de sécurité a vu probablement là
    son premier cadavre, et sûrement son premier homicide. C’est bien ici.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Le jeune
    homme semble vouloir ouvrir la bouche, mais aucun bruit n’en sort. Seul son bras droit s’élève mécaniquement, pour indiquer le chemin au brigadier Pozzuoli.</span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 19 Jul 2011 18:51:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">92f0b7494f6ae2fd58034f8373f5f1f4</guid>
                <category>Puzzle Macabre</category>        <comments>http://www.plumedanslecoeur.com/article-puzzle-macabre-chapitre-1-79788041-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Puzzle Macabre - Préambule]]></title>
        <link>http://www.plumedanslecoeur.com/article-puzzle-macabre-preambule-79787715.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <em><span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Huit
    ans auparavant, février 2004&nbsp;:</span></span></em>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Dans un
    silence feutré, les gestes prenaient le relais de mots devenus inutiles. Les deux corps enlacés ne faisaient par moment plus qu’un, physiquement bien sûr. Et les deux cœurs semblaient battre à
    l’unisson, amplifiant leur communion charnelle.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Après
    quelques longs instants d’une étreinte passionnée, les deux amants assouvis se lovèrent l’un contre l’autre, la vague orgasmique les ayant submergés et laissés là, épuisés mais repus, entre les
    draps de satin écru.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Personne
    ne souhaitait vraiment interrompre une quiétude aussi agréable. La jeune femme s’y résolut enfin&nbsp;:</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— C’était
    merveilleux chéri. J’aime ça et je n’aurais jamais envie de me passer de moments si intenses.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— C’est
    facile, ne le fais pas&nbsp;! Ironisa Maxime.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Très
    drôle, tu sais bien de quoi je veux parler…</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Tout en
    finassant, Maxime profitait des vapes salutaires offertes par la jouissance, maintenant sa tête posée contre la poitrine généreuse de sa maîtresse. Du bout du doigt, il en caressait le galbe,
    soulignant ses courbes en prenant soin de ne pas en irriter la peau encore trop sensible. Il y avait une délicieuse chair de poule qui parcourait le corps de la femme&nbsp;; il se plaisait à
    l’entretenir, à la ranimer doucement quand elle semblait s’éteindre. Il admirait cette petite tâche sous son sein gauche&nbsp;: si elle avait été un tatouage, elle aurait sans doute représenté un
    petit cœur, juste au-dessus de celui qui battait toujours fort et tentait de recouvrer un rythme moins frénétique.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Elle le
    rappela soudain à la réalité.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Maxime,
    je ne veux pas te brusquer, mais il faut que tu partes. Mon mari a beau être au travail, j’ai toujours peur qu’il débarque à l’improviste.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Tu n’as
    qu’à prendre une décision une bonne fois pour toutes et tu n’auras plus besoin de prendre en compte ce genre de détails.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">—
    Arrête&nbsp;! Tu sais bien que ce n’est pas si facile, et j’ai toujours détesté les conflits.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Le ton de
    sa voix avait changé d’un coup, durci en fait. Maxime avait relevé la tête dans le même temps, comme renvoyé par l’onde de choc créée par l’écho de sa phrase.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— De toute
    façon, ce n’est pas la question&nbsp;! Tu savais très bien quand nous nous sommes rencontrés que je n’avais pas l’intention de quitter mon mari. J’avais été claire. Rien n’a changé.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Elle
    ajouta&nbsp;:</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Je
    savais que je n’aurais jamais dû accepter…</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Il n’y
    avait plus aucune chaleur dans le ton qu’elle employait. Et l’effet fut immédiat, refroidissant aussitôt les ardeurs de Maxime, et lui faisant violemment quitter le confort rassurant de ses
    transes. De quoi faire redescendre n’importe qui d’ailleurs.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Dans cet
    instant, il mesura à quel point elle avait la capacité de mettre fin à tout ceci. Le réveil pour le coup était un peu brutal. Il se rendait compte que cette situation était d’une fragilité
    incroyable&nbsp;: il se perdait dans une relation unilatérale, où celle qui était censée être son amante venait de lui jeter au visage la friabilité de leurs liens. Ou plutôt d’un lien qu’il
    croyait existant. Elle le conforta très vite dans le sens de ses réflexions.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Tu as
    sans doute raison, Maxime, je n’ai qu’à prendre une décision et assumer mes choix.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Elle
    reprit une profonde inspiration, comme si malgré tout, elle n’avait pas vraiment désiré cette suite à leur aventure.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— On va
    s’arrêter là, nous n’aurions sans doute jamais dû commencer cette histoire. Je croyais que tu avais compris qu’il n’y avait aucune issue possible.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: Times New Roman; font-size: 12pt;">P</span><span style=
    "font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">uis
    d’ajouter&nbsp;:</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">— Je
    préfère que tu partes. Maintenant&nbsp;!</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Maxime
    obtempéra à ce qui faisait office d’ordre dans la bouche de cette femme qu’il avait cru connaître. Il se faisait un peu honte, en se sentant tout à coup dans la peau d’une prostituée, qui a rendu
    son office et à qui on demande bien vite de partir, pour ne pas être vu en sa compagnie. «&nbsp;C’est ça Max, tu as fait ton boulot, rentre chez toi maintenant&nbsp;!&nbsp;». Pas même le temps de
    se rafraîchir.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Il sortit
    de l’appartement, discrètement, pour aller reprendre le cours de sa vie. Il avait un étrange goût amer dans la bouche. Un goût détestable qui le rappelait à sa condition&nbsp;: il n’avait été que
    le <em style="mso-bidi-font-style: normal;">sextoy</em> d’une femme qui se sentait seule et s’autorisait à céder à toutes ses pulsions. Il était bien loin de cet idéal romantique, qu’il s’était
    toujours fixé naïvement comme objectif à atteindre. Il n’avait existé pour elle, que pour lui donner du plaisir. Elle n’avait rien souhaité d’autre. Rien de bien ne pouvait lui arriver au travers
    de relations semblables. Mais, l’addition était salée pour le coup&nbsp;: il venait de le comprendre à ses dépens, et avait été balayé du revers de la main, comme on se débarrasse des reliefs
    dérangeants d’un bon repas en essuyant les dernières miettes, sans se préoccuper des sentiments de la cuisinière.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">C’est
    cela, il se sentait comme une femme bafouée, et c’était vraiment très désagréable.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Il entra
    dans le froid de la nuit, et la température ambiante eût tôt fait de réduire à néant les dernières parcelles de chaleur qu’il avait tenté de conserver précieusement, pensant prolonger ainsi la
    persistance des seuls bons souvenirs de cette soirée.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Bien
    entendu, il savait qu’en entamant cette relation avec une femme mariée, il ne s’offrait quasiment aucune chance d’en sortir quelque chose de bon, mis à part du plaisir, simplement du plaisir, ne
    fut-il que physique et de courte durée. Et puis, le temps aidant, des sentiments étaient nés et avaient pris la place de ses simples intentions du début.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">Six mois
    étaient passés, et il s’était pris au jeu. Il en payait maintenant le prix. Non seulement il n’était pas fait pour ce genre de relations adultérines, mais il avait sous-estimé les dégâts que cet
    échec risquait d’occasionner.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; text-indent: 14.2pt;">
    <span style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style=
    "font-size: 12pt;">&nbsp;</span></span><span style=
    "font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-language: FR;"><span style="font-size: 12pt;">C’était la dernière
    fois qu’il commettait ce genre d’erreur, ça oui&nbsp;!</span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 19 Jul 2011 18:47:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">a0b960676245217965e1072147b8c36c</guid>
                <category>Puzzle Macabre</category>        <comments>http://www.plumedanslecoeur.com/article-puzzle-macabre-preambule-79787715-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
 </channel>

</rss>
