Je ne tirerais pas la couverture à moi !
Je ne l’ai pas faite, mais j’ai décidé d’utiliser les compétences de ceux qui en disposent.
Phase 1 : La première en date et dans mon cœur, c’est ma « petite sœur » qui s’y est collée : armée de son logiciel préféré, celui-là même qui lui permet de faire des montages avec ses copines bourrées comme des cartables ou ses frères sur la plage, elle se met en quête de la couverture parfaite, selon les exigences que je lui passe. Naîtra une image parfaite où un hippopotame pend lamentablement sur un fondu cinématographique, au sein d’un gymnase stylisé. Une merveille ! C’est cette première couverture (en fait le 17e essai de l’artiste…) qui ornera le manuscrit pour son expédition aux éditeurs.
Phase 2 : Alors qu’une amie me montre sa collection de « mail’art », sorte de composite fabriqué de bric et de broc, et qui résume toute l’intention de cet art éphémère qui dure. Ce sport consiste à envoyer tout objet improbable comme un boomerang, via les services qualifiés de la Poste, et attendre de voir s’il a atteint son but. En résumé, faire circuler par les voies « facteurielles » (qui sont encore plus impénétrables que les voies du ciel !), tout ce qui n’a aucun rapport avec un courrier ou un colis conventionnel. De là jaillit l’idée : utiliser ce talent particulier (mais bien réel, si si !) au profit de mon roman, qui lui aimerait bien être tous sauf éphémère, enfin c’est surtout moi qui le souhaiterais… Un art temporel pour un livre intemporel, quelle belle image ! OK, c’est surtout un gros fantasme, bon, je ne suis qu’humain. Le résultat ne se fait guère attendre, mon amie me tend avec humilité, presque confondue en excuses, un carton mêlant les mots et les évocations photographiques en rapport avec les activités policières en général et l’enquêteur criminel en particulier. Une merveille ! En filigrane, on distingue encore un petit hippopotame, comme glissé par mégarde, si tant est qu’on puisse glisser ce genre de bestiole par mégarde : une exigence de l’auteur… ne vous inquiétez pas, ce n’est pas un roman sur les hippos, ni une scène de crime dans un restaurant bien connu.
Phase 3 : Toujours décidé à faire travailler les copains, je persiste et signe, malgré la moue dubitative de mon éditrice, qui a déjà botté en touche, les premiers essais de couverture que j’ai tenté de lui glisser. Ce coup-ci, je sollicite un photographe, qui vibre de sa passion pour la prise de vue. Très vite, je me rends compte que c’est un fou : je lui commande une image simplifiée pour répondre aux attentes de ma commandante de chez Thélès, et lui me met en scène un péplum avec force détails, artifices, support achetés à grands frais, le tout à la recherche de LA photo parfaite. Je ne pourrais trahir la confiance de l’artiste et révéler ses secrets de fabrication, mais le résultat, bien qu’irréel parfois, fut envoyé à mon chef de publication en jupons, qui fut enthousiaste, contre toute attente. De son côté, elle évitait le recours à un graphiste, certes compris dans le forfait, mais esquivant ainsi une opération supplémentaire. Le tour était enfin joué ! Photo n° 7, pour ceux qui jouent au loto.
Le résultat, traité par le service de fabrication de la maquette, va au-delà de mes espérances. Je n’oserais pas parler de publicité mensongère, pourtant, au-delà d’une couverture attirante et chatoyante, n’ayons pas peur des mots, (en fait je voulais juste le placer, j’aime beaucoup ce mot " chatoyante ", par contre je déteste " ersatz ", chacun son truc), au-delà, disais-je donc d'une couverture de toute beauté, c'est un bel écrin plein de promesses qui m'a été offert là. Des promesses à tenir pour le lecteur, plus de travail pour moi et un prochain roman plus long, bien entendu.
Allez, ça faisait longtemps que je n'avais rien publié.
Biz, @ +
Pour info, on a salué la couverture de ma petite soeur, apportant une impression de soin et de finition particuliers au manuscrit.
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires