Mardi 19 juillet 2011 2 19 /07 /Juil /2011 19:00

 

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Diane vient de terminer son livre. Elle pose devant elle le dernier polar de Fred Vargas, qui l’a tenue en haleine jusqu’à la dernière ligne. Levant la tête, elle aperçoit l’heure affichée par le four à micro-ondes. Déjà 19 h 57, et David va arriver. Le dîner n’est pas prêt. En fait, le soleil était tellement présent aujourd’hui, que la jeune femme avait décidé d’en profiter en s’installant sur la terrasse pour dévorer son roman policier. La chaleur de ce mois de juin et le calme de leur quartier lui avaient vite fait oublier que la vie suivait son cours. C’était délectable en fait de pouvoir ignorer le temps qui passe. Elle n’en avait même pas honte ; après tout, elle avait mérité de profiter un peu de cette belle journée. Après cette dernière nuit de permanence qu’elle avait subie aux urgences…

La veille, David était revenu tôt. Il avait eu une journée calme ce samedi. Une affaire de stupéfiants, c’était relativement important à l’échelle de La Rochelle : revendeur et consommateur en pleine transaction, de quoi occuper une partie des effectifs la semaine prochaine. Entreprendre des investigations en profondeur et avec un peu de chance, ainsi qu’un bon travail de fourmi, la possibilité de démanteler un réseau au moins local. Non, La Rochelle était loin d’accéder au hit-parade des villes les plus criminogènes de France. Suffisamment d’interventions malgré tout pour occuper les effectifs de la PJ locale et montrer la volonté des enquêteurs d’accomplir leur tâche et préserver ainsi les valeurs de la République qu’ils défendaient. Comme disait son enquêteur de mari, l’étendue du boulot de la Police Judiciaire de la circonscription lui laisserait le temps de roder ses procédures, d’accomplir ses premiers pas en tant qu’OPJ nouvellement reçu à son examen. Ainsi, la semaine passée leur avait offert au sein du service une enquête du plus grand intérêt : une séquence de violences urbaines ! Et en plein cœur de La Rochelle. Dans les faits divers, cela s’était affiché à la Une du journal le Sud-Ouest. « Une bande d’une dizaine de jeunes s’affronte en plein centre-ville ; bilan : quatre blessés dont l’un par coups de marteau. » Du jamais vu dans la cité atlantique, tant de violence ferait les choux gras des médias régionaux durant trois semaines à n’en pas douter. L’interpellation du marteau était prévue pour la semaine à venir, selon le dernier trait d’humour des collègues de David. En tout cas, lui y trouvait son compte, puisqu’il s’employait à mettre en pratique les nouveaux enseignements fraîchement ingurgités pendant sa formation. Ces affaires de moyenne importance lui offraient l’exercice nécessaire pour passer de la théorie à la pratique, avec des collègues expérimentés à ses côtés qui avaient suffisamment de temps pour le conseiller, le coacher.

Diane, elle, s’était préparée pour sa dernière permanence de nuit avant un congé bien mérité ; dernière permanence avant la « surprise » de son mari. Elle ignorait encore ce que cela pouvait être. En fait, rien ne la préoccupait dans cette histoire : David était tellement prévisible, qu’une simple sortie au cinéma inopinée et organisée par lui provoquerait chez elle une crise d’apoplexie. Là, elle s’amusait de voir son homme se dépêtrer avec ses préparatifs secrets ; cette attitude gauche d’un garçonnet tentant maladroitement de dissimuler le cadeau qu’il fabrique pour la fête des Mères. Il n’était finalement qu’un homme dans toute sa splendeur, ni plus, ni moins. Ceci dit avec toute la tendresse que Diane pouvait éprouver pour son mari. Comme elles se le disaient entre filles à l’hôpital, « un homme ne peut être qu’un homme, il ne peut donner plus que ce qu’il est ». Et ça, c’était bien un sujet sur lequel elles étaient toutes, toujours d’accord. Diane avait bien sa petite idée, elle y avait réfléchi, quelques jours durant à vrai dire. Et puis, elle avait tout compris en voyant des adresses d’office du tourisme. C’était à la fois merveilleux, parce qu’inespéré venant de David, mais d’une effroyable banalité. Toutefois, elle avait pris le parti d’adopter une attitude résolument positive. Elle ferait comme si c’était formidable, ne trahirait pas son véritable état d’esprit, enfouirait ses vilaines pensées. Elle devait n’y voir là qu’un réel progrès, ce qu’à dire vrai c’était vraiment. David y avait passé beaucoup de temps. Pour quelqu’un dans son genre, malgré tout l’amour qu’elle lui portait, ces préparatifs n’avaient sans doute pas été faciles à organiser. Allez, il avait fait sûrement là le plus grand geste d’amour dont il était capable : vouloir préparer une surprise à sa femme. Diane voulait résolument ne garder que cette idée en tête, et elle s’y tiendrait.

Le « voyage » de leur vie, selon Saint-David, c’était un petit séjour à Poitiers, au Futuroscope. Vous parlez d’un périple ! Une petite escapade tout au plus : deux heures de route à condition de s’arrêter pour visiter toutes les aires de repos. Du grand David, ça oui. Et dire qu’il faisait tout un mystère, depuis des mois qu’elle avait repéré les premiers gestes suspects. Plusieurs mois pour fomenter le « plan de sa vie », Diane espérait qu’à ce compte-là, à y mettre autant de temps et d’énergie, il avait au moins prévu champagne et petits fours à chaque pause pipi. C’était bien le moins qu’il pourrait lui accorder. Quel organisateur d’évènementiel ! Malheureusement pour lui, il n’avait pas pris garde de ne rien laisser traîner. Pour un policier, il n’avait pas fait très fort. Elle n’avait pas eu besoin de chercher bien loin. Non, elle n’avait même pas cherché… ! C’est un fait du hasard si elle était tombée sur un papier chiffonné dans la corbeille près de l’ordinateur de David, à peine enfoui sous quelques vieilles publicités sans importance. Elle était là, la preuve, Monsieur l’enquêteur ! Le prospectus d’une offre de séjour pour le parc. Elle le pensait bon flic, mais il ferait sans doute un mauvais voyou, à laisser toutes ces traces derrière lui. En plus, ce n’était qu’une offre spéciale. Diane ne valait pas plus qu’une promotion : toute la finesse des hommes illustrée et résumée en quelques mots. Bon, elle avait dit qu’elle ne conserverait que le positif. Mais c’était vraiment faire contre mauvaise fortune, bon cœur. Et dire qu’il ne lui en coûtait rien eût été mal la connaître. Pour autant, elle le savait, c’était tellement prévisible. Il suffisait qu’elle se souvienne de la difficulté qu’elle avait eue à convaincre son mari de quitter la Bac.

Lui et ses copains se la jouaient toujours grands aventuriers, guerriers en milieu hostile, au sein de cette satanée jungle urbaine. Et dès qu’on lui proposait de sortir des sentiers battus, de partir au débotté, d’aller vers l’imprévu, il n’en fallait guère plus pour le déstabiliser. Alors entreprendre le grand voyage et s’éloigner en même temps, de toutes ses habitudes et de son univers familier, ce fut un peu comme lui arracher le cœur. Elle voulait bien croire que cela lui avait coûté énormément de partir pour l’inconnu. Mais il était tellement trouillard parfois, qu’être muté à dix kilomètres de son port d’attache aurait assurément produit le même effet. De là à considérer cette sortie pour Poitiers un peu minable, comme un exploit digne du grand Hercule, il ne fallait pas exagérer ! Tout cela justifiait bien qu’elle lui en veuille un peu. Promis, après cette dernière nuit de boulot, elle ne reviendrait que bardée de bonnes intentions ! Pour l’heure, en finissant de s’habiller, elle continuait à bougonner. Intérieurement au moins. David n’en saurait rien.

Elle retrouva son homme, qui décompressait un moment devant le journal de 20 heures, en sirotant un verre de Chardonnay au son des dernières nouvelles. Le repas était prêt, la table mise. Après ce petit moment qu’ils partageraient ensemble, Diane partirait au boulot pour sa dernière nuit, et David se détendrait avant de finir lui sa permanence demain dimanche. Elle regardait son homme, qui ne l’avait pas entendue approcher. Son crâne rasé de près luisait aux derniers éclats d’un soleil descendant. Elle le trouvait quand même beaucoup plus calme et disponible depuis leur arrivée sur la région. Peut-être finalement y avait-il trouvé un bénéfice. Peut-être s’était-il fait une raison, s’en était-il accommodé ? C’était peut-être une bonne idée pour leur vie, sûrement un bienfait pour leur couple. Si elle n’avait jamais douté de ses propres sentiments, elle avait pourtant clairement ressenti qu’il lui fallait autre chose pour retrouver son besoin de fonder une famille, son envie d’avoir un enfant de cet homme. Malgré sa constitution robuste et protectrice, elle voyait, avec tendresse, son mari comme une petite chose fragile. Tout était bien confus dans l’esprit de Diane en ce moment, du moins dans ses idées. Mais son cœur lui réclamait ce bébé, qui concrétiserait leurs douze années de vie commune et cimenterait définitivement leur union. Le véritable nouveau départ, pas celui de la mutation, celui de leur seconde vie.

Le repas fut vite expédié ; Diane et David préféraient ne pas perdre trop de temps à table et pouvoir passer quelques doux moments l’un contre l’autre sur le canapé à discuter, à refaire le monde. Ce genre de coutume du couple, ils ne l’avaient mis en place que depuis leur installation dans cette nouvelle maison. Ils s’étaient tout de suite sentis chez eux, rattachés à elle par un lien invisible. Ils avaient eu cette impression que leurs appartements précédents en région parisienne n’avaient jamais été que des logements de fonction. En secret, ils avaient tous les deux inauguré chaque pièce de leur nouveau chez eux, leur premier « chez nous ». Ainsi avaient-ils peu à peu créé de nouveaux rites communs au couple, et d’autres plus personnels répondant eux, aux attentes de chacun des deux. Elle avait ses créneaux de lecture qui, pendant des heures parfois, la plongeaient dans des univers inconnus, lui permettaient de parcourir des histoires lui appartenant ainsi l’espace de quelques jours, lui apportant l’évasion tout simplement. David préférait fuir le quotidien par le sport, quel qu’il soit d’ailleurs. Qu’importe la discipline, à condition qu’elle lui permette de suer et d’évacuer le surplus d’énergie qu’il se devait de canaliser. Cette pratique lui donnait l’occasion de compenser cet emploi sédentaire n’offrant plus d’exutoire à ses besoins d’adrénaline, comme auparavant à la Bac. À côté de ses moments personnels, ils se ménageaient des créneaux communs, pour une sortie, une toile, un repas extérieur en amoureux. Cet équilibre semblait leur convenir et n’était en rien semblable à leur vie d’avant. Et puis, il y avait ces longues discussions : Diane s’allongeait sur le canapé, posait sa tête sur les genoux de David. Elle lui tenait la main sur son sein, et il promenait l’autre dans ses longs cheveux cuivrés et soyeux. Et là, parfois pendant des heures, ils parlaient de n'importe quoi — car aucun sujet n’était interdit dans ces moments-là —. Ou ils ne parlaient pas s’ils n’en ressentaient pas le besoin. Ils pouvaient regarder la télévision aussi, se laisser bercer par quelque morceau de musique ou doucement fermer les yeux, même s’endormir ainsi.

Ce soir, ils ne s’endormiraient pas ensemble. Ils profitèrent donc de ces derniers moments de détente avant son départ. Elle le questionna un peu sur les affaires en cours, davantage pour connaître son ressenti dans ses nouvelles fonctions que pour avoir des nouvelles de la délinquance rochelaise. Du reste, elle aussi, dans son métier d’infirmière côtoyait ceux-là qui se battaient régulièrement, ceux qui buvaient habituellement plus que de raison, ou encore ceux qui se fourraient tout ce qu’ils trouvaient dans le nez, ou ailleurs, et qui fournissaient les meilleures anecdotes qu’on s’échangeait à l’hôpital au moment de la pause, entre deux portes. David lui confia qu’il ressentait un certain plaisir avec cette nouvelle carrière dans laquelle la mutation l’avait poussé. C’était loin d’être désagréable et surtout il avait découvert une autre façon d’accomplir son devoir de flic que dans la rue à « chasser ». Il n’imaginait pas à cette époque qu’on puisse faire ce travail autrement. Pour lui, tous ceux des bureaux n’étaient que des feignants et des peureux. Si dans ce canapé on pouvait tout dire, il tut pourtant qu’il faisait partie de la deuxième catégorie : il voulait qu’elle continuât à le voir comme un vrai mec, fort et courageux, pour qu’il continuât à se voir à travers ses yeux à elle. Il avait besoin qu’elle lui renvoie cette image de lui, qui le rassurait. Surtout quand lui n’y croyait pratiquement plus.

Elle se leva. Il était temps pour elle d’aller retrouver ses patients, son hôpital et cette garde de nuit.

Une demi-heure plus tard, elle rangeait sa voiture sur le parking du personnel. Dans les vestiaires, elle se changea mécaniquement, elle faisait ce job depuis quatorze années. Pas un moment elle n’avait voulu changer, elle considérait sa tâche comme une vocation. C’est ainsi qu’elle comprenait aussi le travail de David, et cette ressemblance leur permettait à tous les deux d’accepter les contraintes du métier de l’autre. Et il y avait des moments qu’elle n’échangerait pour rien au monde. L’un d’eux fut la rencontre avec son homme, lorsque travaillant de nuit à l’hôpital de Montreuil, son premier poste, elle l’avait vu arriver aux urgences. Il emmenait un délinquant aux consultations avec ses collègues du commissariat. Pourtant, les anciennes lui avaient dit de ne pas regarder les flics. Les policiers rendent les infirmières malheureuses, c’était quasiment un proverbe au sein des personnels de santé. Il y avait bien quelques exemples parmi les copines de l’hôpital, de couples infirmières — policier, et toutes ne semblaient pas avoir à s’en plaindre. En même temps, Diane ne cherchait pas à se caser, elle avait à peine vingt ans à l’époque. Mais ce garçon était mignon et semblait si gentil. Finalement, après tout ce temps, leur couple tenait bon et ce n’était déjà pas si mal d’avoir vécu ces années de bonheur ensemble.

En remontant vers les urgences, les bruits et les odeurs redevenaient familiers à Diane. Face au bas flanc, la porte des urgences était maintenue en position ouverte pour faire entrer l’air frais. Sur les sièges de l’entrée, gisait en effet un clochard qui n’avait pas vu de douche depuis Noël sans doute. Pourtant ce n’était pas le plus grave. Une infirmière d’une cinquantaine d’années hurlait à ses côtés en regardant désespérément ses sabots qui étaient blancs, avant le drame. Surtout avant que Marcel, le SDF ne régurgite le contenu aviné de son estomac, juste au moment où elle passait.

— Bonsoir Claudia, j’aime beaucoup la couleur de tes nouveaux sabots, par contre l’odeur pas terrible…

— Salut Diane, beaucoup d’humour, j’adore ! Ça tombe bien j’ai fini mon boulot et c’est toi qui reprends. J’te laisse Marcel si tu veux teindre les tiens, de sabots.

Dans ce genre de contexte, il fallait effectivement disposer d’une bonne dose d’humour et de patience, pour faire face aux situations les plus imprévisibles, auxquelles le personnel hospitalier était confronté quotidiennement.

Le reste de la nuit fut plus calme, et la garde presque ennuyeuse finalement. Il y eut bien plusieurs conséquences d’accidents domestiques à gérer jusque tard dans la soirée, mais cela faisait passer le temps. Ensuite, les soins des patients prirent la relève. Et un traintrain plus habituel put reprendre normalement ses droits. La garde de nuit était toujours longue malgré tout et Diane n’y voyait là qu’un moyen de gagner plus d’argent. Elle avait saisi surtout une opportunité plus rapide de faire évoluer sa carrière, en devenant chef des infirmières du service de nuit.

 En rentrant dimanche, au petit matin, elle avait réveillé David. C’était convenu entre eux. Ainsi, ils pouvaient partager le petit-déjeuner, avant qu’il ne parte à sa perm' et qu’elle ne se jette dans le lit encore chaud du corps de son homme. Il l’avait laissée là pour se rendre au commissariat. Elle s’était donc couchée vers 8 heures ce matin, fatiguée, plus que ça, exténuée. Pourtant, elle n’avait pas trouvé le sommeil de suite, la pression devait redescendre. Celui qui travaille avec des horaires de bureaux dits normaux ne subit pas ce genre de contraintes. À force, les nuiteux n’avaient plus le même fonctionnement. La physiologie était profondément bousculée par ce rythme de travail particulier. Le médecin de famille que le couple consultait à Paris leur avait bien dit que l’être humain n’est pas fait pour travailler dans ces conditions. Le corps ne supporte ce genre de cycle que par obligation et il le fait payer tôt ou tard. En tout cas, pour le moment, Diane se fichait bien de savoir si la physiologie avait quelque chose à voir avec le fait que le sommeil la boudât ce matin-là. Elle voulait juste dormir.

Quand elle se réveilla, il était déjà 16 heures. Ce n’était pas prévu, mais finalement, pour cette femme qui dormait habituellement peu, c’était plus que nécessaire, puisqu’après un départ hésitant, elle avait pu assouvir son déficit de sommeil d’une traite et somme toute de manière réparatrice. Elle se leva doucement, prit son café sur la terrasse pour profiter du soleil délicieusement présent en cette belle journée. Et alors qu’elle ménageait prudemment ses efforts, elle remarqua ce livre qui l’avait attirée et provoqué l’un de ses achats compulsifs. C’est ainsi qu’elle nommait ces coups de cœur la jetant sur des œuvres littéraires aussi diverses que variées. Là, elle n’avait pris aucun risque en se laissant guider vers le dernier roman de Fred Vargas. C’était bien entendu du cousu main, le libraire l’avait d’ailleurs rassurée à ce sujet.

— Avec elle, pas d’erreur Diane ! Vous aimez les bons policiers : vous prendrez plaisir à dévorer celui-ci. Je vous laisse seule juge pour savoir s’il mérite d’accéder à votre top dix. Après tout, le reste est affaire de goût.

Un tel libraire finissait par faire partie de sa propre vie. Cela s’expliquait par le fait qu’elle était une lectrice acharnée et surtout une insatiable consommatrice d’ouvrages. Il ne voulait pas décevoir une amatrice dans son genre, il ne pouvait pas le faire d’ailleurs, ne serait-ce que par éthique.

Elle avait ainsi plongé dans son roman, pour n’en plus ressortir qu’à l’instant. David allait bientôt rentrer et elle avait négligé tous ses devoirs. Bien sûr qu’elle n’était pas une femme soumise. Par contre, elle mettait un point d’honneur à préparer des petits plats pour David, et elle aimait avoir des petites attentions pour lui. C’était son sens du couple, cela faisait partie de ses valeurs.

Et ce soir, rien n’est fait. David ne lui en voudra pas. Mais ça l’agace. Elle saute de sa méridienne et se lance aussitôt à l’assaut du réfrigérateur pour dénicher quelque plat à composer à la hâte. Elle repensera plus tard à ce roman bien ficelé qui lui a fait oublier heure et devoir. Elle garde toujours cette citation en mémoire. « Un livre a toujours deux auteurs : celui qui l’écrit, et celui qui le lit ». Elle réécrira son roman à elle plus tard.

Par Olivier DAMIEN - Publié dans : Puzzle Macabre
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